J+153-158 / Coroico et pas cocorico

Arrivée sur La Paz après plusieurs heures de bus sur l´Altiplano Andin. La cité se découvre à nous telle une dame mystérieuse, le soleil perçant doucement son voile de nuages, laissant entrevoir ses charmes urbains dans cette lumière matinale. Nous abordons la capitale bolivienne par le haut nous y descendons petit à petit, perçant la couche nuageuse pour arriver dans ses voiles de pollutions urbaines, de la tranquillité de l´Altiplano, nous arrivons dans la fureur de La Paz. Le temps de descendre du bus, de prendre un taxi et nous sommes sur un autre versant de la ville pour prendre un mini-bus direction Coroico 3000 mètres plus bas. Nous decidons d´aller directement à Coroico et de nous arrêter à la Paz au retour. A notre grand soulagement nous n´aurons pas à passer par la route de la mort, mais par une nouvelle voie ouverte l´année dernière. Plus de 10 ans de travaux, quelques centaines de morts, c´est le prix payé pour éviter que l´hécatombe continue sur ce qui fût pendant longtemps la route la plus dangereuse du monde. Nous passerons par un col enneigé à plus de 5000 mètres où nous voyons nos premiers lamas, avant de redescendre vers Coroico, village paisible à l´entrée des Yungas, où nous espérons trouver du café. Nous arrivons en début d´après-midi en bas de la ville, la chaleur est beaucoup plus élevée et le soleil bien présent. Nous peinons jusqu´au centre du village à la recherche de notre auberge ; après nous être renseignés nous nous dirigeons vers la sortie du village et marchons encore 2 km et trouvons notre charmante petite auberge adossée à la montagne avec une vue unique sur toute la vallée, une piscine et même quelques caféiers disséminé dans le jardin. Rien d´étonnant pour un hôtel qui se nomme « Cafetal » – plantation de café – Plus de doute possible nous sommes sur la bonne voie. Nos affaires posées, nous partons faire une petite reconnaissance au village et nous trouvons sur la place centrale, carrée comme toutes les places centrales de Bolivie, le bureau de la coopérative de café de la région. Immédiatement nous nous y rendons, mais un peu tard, nous devrons repasser le lendemain.
Le village n´est pas aussi beau que ce que nous imaginions, essentiellement construit en grosses briques rouges sans charme et sans comparaison possible avec les jolies maisons de briques que nous avions découvert à Madagascar, heureusement sa situation dominant la vallée est sublime. Nous nous délectons de ce paysage dès le matin en prenant notre café face à la montagne, laissant notre esprit se perdre, suivant du regard les nuages léchant tranquillement les pentes abruptes de la montagne. Nous profitons de ces quelques jours pour nous reposer, nous promener en découvrant ici et là des petites fermes aux plantations de café ne faisant pas plus de quelques hectares pour les plus grandes ; mais aussi beaucoup de plantations de coca plantées sur des terrasses conçues par les incas. Le lendemain nous retournons à la coopérative et nous faisons connaissance avec Juan, producteur et chargé de communication pour la coopérative qui participe au commerce équitable depuis 1994 et qui compte 350 cultivateurs. En effet la politique économique de ce commerce parallèle est de garantir un prix fixe toute l´année, plus un bonus d´environ 10%. Cette politique de commerce équitable vise à soutenir les petits producteurs face aux multinationales, à les former et les informer, à favoriser la culture dite organique – traitement chimique réduit au minimum – , mais cela permet aussi de créer, je pense, des cafés de terroir, comme cela existe pour le vin, donc de meilleure qualité. Le café fit son apparition en Bolivie dans les années 50 dans la région de Coroico, puis plus à l´est dans les Yungas où elle prit un essor plus important. Mais la production de la Bolivie reste confidentielle par rapport au Brésil le géant du café. Le brésil a une production annuelle de 30 millions de sacs, tandis que la Bolivie arrive les bonnes années à 80 000 sacs, un sac pèse 60 kilos. Nous apprendrons bien d´autres informations mais qui risquent d´être un peu rébarbatives et un peu longues à écrire. Nous sortons de cet entretien ravis, et pour fêter ça nous allons déguster un petit expresso. Sur le chemin du retour nous rencontrons un menuisier qui fabrique des machines à dépulper les baies fraîchement cueillies. Ce type de machine est propre à la Bolivie et ne se trouvent qu´ici et notre homme tient la technique de l´inventeur lui-même : Monsieur Pinel dans le petit village de Suapi dépendant de la commune de Coroico.
Notre séjour à Coroico s´achève par le concert de Los Olvidados, un groupe d´une trentaine de musiciens que nous a présenté Lydie, une dame incroyable qui va s´installer prochainement en Bolivie. Ce groupe essentiellement de guitares avec un esprit de fête qui fait plaisir dans ce pays où nous trouvons les gens plutôt froid. Nous finissons cette fiesta dans la salle des fêtes après qu´une pluie diluvienne nous ait obligés à nous y replier…il est 6 heures du matin, la bonne heure pour ramener mon corps titubant auprès de ma brune de corse, rentrée un peu plus tôt. Le lendemain nous quittons notre auberge sympathique et ses propriétaires un peu déjantés – des français installés en Bolivie depuis 25 ans – pour La Paz.

Laetitia et Stan

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