J+145-152 / Comandante Che Guevara

C´est l´heure de quitter le Brésil, ce géant d´Amérique du sud, direction la Bolivie. Objectif, Camiri, ville supposée d´où le « Che » aurait commencé sa révolution socialiste bolivienne en 1966, après que Fidel Castro ait acheté un terrain dans la région pour servir de base arrière. Mais avant d´arriver à Camiri nous devons traverser tout le Paraguay et nous prévoyons une étape dans sa capitale. Nous prenons un bus de Foz do Iguaçu à Asuncion et à l´arrivée nous nous informons des bus pour le lendemain. Nous apprenons qu´il y en a un dans une demi-heure et décidons de le prendre, visiblement il n´y a pas grand chose à voir à Asuncion et l´objectif c´est la Bolivie. Aussitôt nous achetons nos billets et nous embarquons, arrivée prévue le lendemain vers midi. Sur les coups de 2 heures du matin nous sommes réveillés pour nous rendre au poste frontière paraguayen. Encore endormis nous longeons un grillage avant d´arriver à une maisonnette délabrée où pour y accéder nous devons passer sur des pierres afin d´éviter de marcher dans la boue. Un vieux chien galeux à qui il manque une patte dort sur le pas de la porte, deux poules plus très fraîches font le guet sur ce qui, un temps, ont dû être des chaises. Nous attendons notre tour sous une lumière blafarde pour faire tamponner nos passeports dans une pièce où un lit jouxte le bureau. Après être passés devant des douaniers endormis nous regagnons le bus et nous rendormons.

A l´aube nous sommes à nouveau réveillés pour passer la frontière bolivienne, que s´est il passé pendant ces 4 heures…avons nous longé un no man´s land, nous resterons dans l´ignorance. Pas la peine de se poser tant de question après avoir changé nos derniers guaranis en bolivianos nous présentons nos passeports et nous nous rendons à pied de l´autre côté de la frontière. Tous n´auront pas cette chance ; deux argentins resterons à la frontière, les douaniers estimant que leur apparence de saltimbanques et leur manque d´argent en font des visiteurs indésirables, par contre les trois Mormons en salopette avec leurs gueules de tarés congénitaux passent sans aucun problème. Devant nous la Cordillère des Andes se découvre pendant que l´asphalte disparaît. Quelques kilomètres de pistes plus loin notre bus est contraint de faire demi tour face à l´arrivée d´un semi-remorque, ce ne sera pas facile et quelques arbustes seront abattus afin de permettre la manoeuvre et de laisser passer le camion avant de reprendre notre route. Le bus continu sur Santa-Cruz et nous laisse à l´entrée de la ville de Camiri. Soleil, poussière et gaz d´échappements ; avant de repartir le chauffeur du bus nous laisse notre plateau repas. Nous nous asseyons sur un muret et le mangeons au milieu de chiens galeux à l´affût de quelques restes possibles. Une heure plus tard nous sommes en ville à la recherche d´un hôtel, le premier sera beaucoup trop cher, nous nous rabattons sur un autre juste à côté. A peine rentrés dans la cour je reconnais immédiatement le portrait du « Che » peint au dessus de l´une des chambres-cellules. Nous logerons dans la chambre voisine de cet idéaliste qui en 1966 est venu dans la région dans l´espoir d´une révolution socialiste avec l´aide du parti communiste local. Cette aventure se terminera au cours de l´année 67 par sa capture par l´armée bolivienne et par son exécution par des hommes, travaillant sans doute en collaboration avec la CIA, dans le petit village de La Higuera. Le Che n´aura pas reçu le soutient souhaité des paysans boliviens, ni du parti communiste local. Nous passerons quelques jours dans cette petite ville où la seule chose notable en dehors du passage du « Che » est le centre de production d´hydrocarbure « YPFB » qui est ensuite acheminé dans le reste de la Bolivie via un oléoduc. Nous aurons le temps de faire quelques recherches sur internet pour trouver la région où est cultivé le café. Los Yungas à l´est de la Paz dans le nord de la Bolivie, un seul chemin pour y accéder : La Route de la Mort.

En fin d´après-midi nous prenons un bus pour Sucre, de l´autre côté de la Cordillère Orientale, peu de kilomètres mais une arrivée prévue le lendemain matin. Nous comprenons rapidement pourquoi, au bout de quelques kilomètres de bitume nous empruntons une piste où deux véhicules peuvent difficilement se croiser. Quelques kilomètres plus loin dans une gorge abrupte, nous nous retrouvons nez à nez avec deux camions qui obligent notre chauffeur à procéder à une marche arrière sur 300 mètres, pas d´erreur possible sinon notre bus finirait dans le lit de la rivière 20 mètres plus bas. Heureusement, dans ces cas là, tous les passagers descendent du bus. A l´aube nous sommes à Sucre. Le taxi nous dépose aux abords de la place centrale. Direction le marché où se trouve toujours une « Comida Popular », seul endroit ouvert à cette heure où des dizaines de petits stands permettent de se restaurer pour un prix modique ; un café bien chaud, un salgado – petit chausson fourré à la viande et aux petits légumes, légèrement sucré – et nous partons à la recherche d´un hôtel avant d´aller explorer cette ville où Simon Bolivar signa l´indépendance de la Bolivie le 6 août 1825. Une ville de 200 000 habitants à 2800 mètres d´altitude, des dizaines d´églises d´influence hispanique, façades chargées de détails et de bas-relief. Lors de nos errances touristique, nous repassons par le mercado où nous achetons un petit café pour les fois où nous nous servons de notre petite cafetière italienne, mais surprise ils vendent le café déjà sucré et il est très difficile de s´en procurer du nature !

Pas de temps à perdre, nous avons rendez-vous avec Ivan dans un peu plus d´une semaine au Lac Titicaca et nous devons passer par Les Yungas, alors dès le lendemain nous prenons un bus pour Potosi. En quelques heures nous y sommes. Malgré ses abords lugubres, le centre ville est un petit joyaux d´architecture coloniale. Potosi, la ville la plus haute du monde (3100 m d´altitude) se situe au pied d´une montagne qui fût l´origine de sa richesse : Le Cerro-Rico – La Montagne Riche -, pendant plusieurs siècles les espagnols ont pu extraire des quantité incroyables d´argent, pour la gloire du bon roi d´Espagne. Plus de trois millions de personnes seraient mortes dans ces mines. La première moitié des victimes sont des indiens jusqu´au moment où l´église reconnaisse que ces sauvages auraient une âme, heureusement que les africains en étaient dépourvus et ont pu ainsi prendre le relais dans ce génocide à la gloire de ce bon roi d´Espagne. A partir du milieu du XIXeme siècle les mines se sont taries. Aujourd´hui seul l´étain est encore extrait dans des conditions toujours très dures pour les mineurs.

Après avoir admiré les façades d´églises, visité un monastère, un musée où nous avons pu admirer les magnifiques masques du carnaval d´Oururo, erré dans les rues, voilà l´heure de reprendre la route. Le lendemain matin, direction La Paz à travers l´Altiplano grande plaine qui sépare les deux cordillères andines.

Laetitia et Stan

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