J+282-284 / Liaison Tikal-Chimaltenango

Après les ruines, nous voulons continuer notre exploration vers un côté plus nature et nous enfoncer dans les grottes de Raxruha qui forment un des dédales les plus grands du monde. Des dizaines de kilomètres de labyrinthe qui forment des rivières souterraines pendant la saison des pluies. Midi nous attendons le bus collectif pour partir vers Flores, mais soit on nous a mal renseignés, soit nous sommes en retard. De bus il n’y en a pas. Prochain dans deux heures. Nous posons les sacs à l’ombre et nous nous mettons sous l’arbre. Un homme vient à notre rencontre et nous propose un minibus à un prix touristique. Nous le remercions et nous retournons à l’ombre de notre arbre pour nous en griller une. Le temps de la finir que le gars revient et nous propose un prix beaucoup plus raisonnable. Le temps de monter les sacs sur la galerie de la camionnette et nous partons pour Flores, petite ville sympathique située sur une petite presque île.

Une heure de route sous une pluie battante, à l’arrivée n’ayant pas d’adresse nous suivons un rabatteur vers un hôtel nous protégeant de la pluie comme nous pouvons. La chambre n’est pas formidable, mais pour une nuit cela ira bien, l’homme en profite pour nous vendre deux billets pour Raxruha pour le lendemain, nous discutons le prix et concluons l’affaire. On part explorer cette minuscule bourgade, il nous faut une bonne demi-heure pour en faire le tour, et en faisant des pauses pour se protéger des averses. Et c’est ce temps qui nous offre l’opportunité de retrouver Kalen et Jason, nos amis anglais rencontrés sur le bateau pour Panama, qui eux aussi ont décidé de se poser pour la nuit à Flores. Chacun prend ses quartiers rendez-vous en début de soirée pour manger ensemble. A la nuit nous les retrouvons et mettons un long moment pour trouver un restaurant, malgré la petitesse de la ville, qui soit à la fois agréable et dans nos prix, car ils sont comme nous et commencent à se rendre compte que la bourse de voyage est loin d’être inépuisable. Résultat une bonne soirée à se raconter nos derniers jours.Le lendemain sur le palier de l’hôtel nous attendons le minibus qui doit nous chercher pour nous emmener à Raxruha. Une bonne demi-heure d’attente et voilà le mini-bus qui arrive, déjà rempli de touristes. On embarque un petit salut général qui reste sans écho. Bienvenue dans le monde occidental. On se doute déjà qu’on n’a pas payé le prix local pour cette course.Pendant tout le trajet notre voisine de derrière et son voisin parlerons…à coup de « Oh my god » « Jesus » « You know » il manquait plus que le claquement de chewing-gum pour que je me retourne et leur envoie le seul mot que je connaisse en anglais « Shut up ». Passage de rivière sur un bac, une heure plus tard nous sommes débarqués à une station service où nous attrapons un pick-up qui nous pose à Raxruha. Route défoncée et boueuse, maisons basses, toits de taule, chien agressif. Nous déposons nos affaires dans un hôtel minable, nous allons manger dans une gargote un tout aussi mauvais « pollo-frijoles » accompagné de tortillas à peine meilleures. Nous partons ensuite à la recherche de nos grottes que nous avons du mal à situer entre les indications de notre guide, notre carte et les directives des locaux. Nous mettons un peu de temps pour attraper une voiture qui veut bien nous déposer à l’endroit supposé où nous devrions trouver le site. Dans le coin personne n’est au courant. Nous finissons par rebrousser chemin et marcher en espérant qu’une voiture passe par-là, il faudra une bonne heure avant qu’un pick-up nous arrache de cette piste. Il est 6 heures, la nuit tombe et la pluie aussi, heureusement nous sommes maintenant à l’abri. Une bonne douche pour se débarrasser de cette horrible odeur de sueur qui m’accompagne depuis quelque mois. Nous voilà propres, prêts pour aller « dîner en ville ». Nous faisons un aller-retour sur la grand route, de restaurant nous ne trouverons qu’une gargote grand-format, lumière criarde, pour une fois sans télévision, juste le bruit d’une radio à peine audible. On nous servira une vieille viande avec des haricots servis à la louche, assis sur notre banc, les coudes sur la nappe en plastique nous expédions le repas.Le lendemain nous bouclons nos sacs, discutons avec le taulier assis devant sa télé dans le couloir, nous lui racontons notre recherche d’hier et il nous dit qu’il y a d’autres grottes, et que nous avons juste à prendre un petit bus et nous faire déposer à hauteur du kilomètre 30. Nous allons prendre notre petit café à la gargote d’hier qui de jour est plus sympathique que de nuit. Le minibus nous dépose au km 30, une petite guérite deux jeunes mayas qui attendent le touriste. Le ticket comprend le guide de moins de 16 ans qui nous accompagne jusqu’à la grotte par un sentier balisé tout en nous posant des questions sur la vie chez nous et sur notre salaire, et surtout sur notre salaire…on lui fait comprendre que le message a été enregistré et qu’il aura droit à son pourliche. Nous longeons un chemin à pied de falaise à l’ombre des arbres et après une bonne demi-heure de transpiration nous arrivons. Le sentier s’enfonce dans un immense trou et en quelques mètres nous nous trouvons dans le frais d’une immense caverne qui nous enveloppe avec 20 mètres de hauteur. Le jeune guide nous explique le rôle de cette grotte dans les rites mayas. Nous ne pourrons pas nous enfoncer beaucoup plus dans la grotte en cette saison des pluies, dommage car le labyrinthe s’étend sur plusieurs kilomètres.Nous retournons au village, récupérons nos affaires à l’hôtel et prenons un bus pour Coban, où nous devrons faire un changement pour Rabinal où nous devrions passer la nuit avant de reprendre la route pour Chimaltenangoet retrouver Tim et Ita jeune couple que nous avions croisés il y a quelques mois à Zanzibar.Un peu avant la nuit nous arrivons dans la petite ville de Rabinal. Nous devons attendre une petite heure dans la station de bus que la pluie cesse. Pas une petite pluie, mais quelques chose de biblique qui transforme les rues en rivières en quelques secondes et charrie vers le fleuve tout ce que les gens balancent dans les rues. Des gens avec qui nous avons fait connaissance pendant le trajet nous indiquent un hôtel. La pluie ne diminuant pas nous nous lançons à sa recherche. Le temps de le trouver nous sommes entièrement trempés. Nous nous séchons et partons à la recherche d’un endroit pour manger.

A Rabinal pas de touriste, donc pas de restaurant pour les étrangers, d’ailleurs nous ne trouvons qu’une seule place pour manger. S’il n’y avait pas eu les bonnes frites que nous avons trouvées sur un des étales du marché dans l’espoir vain de trouver un restaurant nous aurions été bien embarrassés tant la bouffe que nous finissons par trouver est mauvaise. Le lendemain nous nous promenons rapidement au marché, c’est d’ailleurs un jour particulier dévoué à un saint quelconque. Résultat procession devant l’église, chant, musique et danse. Aux quatre coins de la place il y a des musiciens qui jouent du xylophone à l’abri de la pluie éventuelle. Devant eux les gens viennent déposer des fleurs.Nous ne traînons pas trop car nous avons un bus à prendre et même s’il n’y a que 100 kilomètres jusqu’à Chimaltenango, dans cette région montagneuse et la piste que nous allons devoir emprunter, nous jouons la carte de la prudence. Malgré cela, nous manquons de quelques minutes le bus, prochain demain. Nous nous posons à la sortie du village et tapons le stop. Une voiture toutes les dix minutes. Une bonne demi-heure et un pick-up nous arrache de Rabinal. Mais il ne nous dépose pas bien loin, à peine une dizaine de kilomètres. Ici nous restons une bonne heure, assis sur notre caillou en espérant qu’au moins une voiture passera avant que la pluie ne se mette à tomber. La deuxième sera la bonne. Encore un saut de puce. Après trois heures de stop, nous avons à peine avancé de 30 bornes. Nous resterons coincés dans un autre village deux bonnes heures à jouer aux billes avec des gamins histoire de faire venir les voitures. Nous rejoignons enfin l’asphalte et une ville de taille respectable, grâce à un papy et son vieux 4×4. De là nous trouvons bus, pick-up et encore un autre bus et vers 20 heures nous arrivons enfin à Chimaltenango. Il pleut, la nuit est tombée, la ville n’a rien de romantique. Nous trouvons une cabine téléphonique, et appelons Tim et Ita pour leur demander des précisions. Ils nous donnent les dernières indications, nous montons dans un Tuc tuc qui enfile les derniers kilomètres sur la Panamérican qui traverse la ville direction les Etats-Unis plus au nord.Le Tuc tuc s’arrête et nous voyons la tête de Tim qui passe la porte. Nous voilà arrivés après avoir parcouru en 12 heures à peine 100 kilomètres en empruntant 11 véhicules : Pick-up, bus, 4×4, berline et un Tuc tuc pour finir.

Laetitia et Stan

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