J+275-281 / Des touristes chez les Mayas

La nuit, les lumières de la civilisation défilent, nous arrivons sur Tegucigalpa. Le car s’immobilise. Érik sera-t-il là ? Nous prenons nos petits sacs et descendons. « Hey guys, what’s up? » Ca fait toujours plaisir d’être accueillis à la sortie d’un bus, cela fit bien longtemps que cela ne nous est pas arrivé. Nous sautons dans un taxi direction son hôtel. Ce n’est pas le plus chic, ni le plus moche. Nous ne restons qu’une nuit alors cela fera parfaitement l’affaire. Pas une échoppe d’ouverte, nous nous rabattons dans une station service pour manger. Au menu, des hamburgers des plus basiques, soda à volonté. Pas de doute on se rapproche des Etats-Unis. Pendant que nous dégustons, dehors des gars font vrombir leurs customs, polishent leur carrosserie et se la racontent accoudés à leur caisse avec la portière-papillon ouverte. Pas à dire une belle brochette de kékés. Chacun rejoint ses pénates.Un café dans le hall de l’hôtel. Nous récupérons nos bagages et partons pour le terminal de bus où nous devons trouver un bus pour une ville au nord de Copan, de là nous devrons pouvoir trouver un bus pour cette petite bourgade où se trouvent les ruines de la cité maya. Erik a décidé de nous accompagner. En arrivant dans le quartier, nous comprenons immédiatement que nous n’allons pas voyager en première classe. Départ dans une demi-heure, juste le temps d’enfiler un bon petit-déjeuner pour nous faire patienter avant le départ. La route va être longue, un bon 6 heures. Rien à signaler, jusqu’à un arrêt dans une grande station où Laetitia a faillit manquer le bus, avec Érik à sa recherche et moi en train d’essayer d’expliquer au chauffeur qu’elle allait revenir… Tout cela ne nous empêche pas d’arriver en temps et en heure dans la petite bourgade de Copan. Un endroit tout à fait charmant, rues pavées, petites maisons au ton très colonial. Des hommes en Santiags et chapeau texan, et ceux qui stationnent devant les banques donnent une ambiance de western moderne avec leurs fusils à pompe. Nous trouvons un hôtel charmant, nous nous installons tous les trois dans la même chambre restriction budgétaire oblige. A la nuit tombée nous partons traîner nos semelles dans la ville, achetons des cigares et quelques bouteilles. Nous nous installons sur la place pour regarder un concert de musique religieuse en faisant des ronds de fumées.
Le lendemain nous reprenons notre cape de supertouristes et nous prenons un tuctuc direction les ruines de Copan, une des cités les plus tardives de l’ère maya. Un site agréable, boisé, de magnifiques stèles, des temples et peu de monde. Bref tout ce que l’on peut attendre d’un tel endroit. Nous apprenons en sortant qu’il y a d’autres ruines à visiter un peu plus loin qui sont elles constituées de nombreuses habitations. Dès le lendemain on récidive en Tuc tuc. En passant devant le site principal nous voyons un attroupement de personnes avec des banderoles, pas de doute c’est une manifestation qui n’a rien de culturelle. Le chauffeur nous le confirme, ce sont les paysans du coin qui manifestent sans doute pour réclamer de l’argent, apparemment les intérêts de notre chauffeur ne sont pas les mêmes que ceux des paysans. Nous quittons ce vilain personnage! Et nous partons visiter le site. Rapidement nous nous faisons aborder par un guide, cette fois nous acceptons. Magnifique parcours dans la forêt déserte de touristes, sans doute effrayés par les manifestants en amont. Retour en stop à l’arrière d’un pick-up, quel bonheur d’être debout les cheveux dans le vent…
Retour au village pour parler de la suite des évènements. Érik ne sait toujours pas si il va directement à Belize rejoindre sa tante avant de repartir pour Seattle. Devant autant d’indécision je sors un cigare et une bière et le convint de continuer la route pour Tikal, autre cité majeure de l’empire maya avec nous au moins jusqu’au point le plus proche de Belize. Et nous voilà le lendemain équipés et suants à discuter avec un rabatteur de minibus, qui au passage nous annonce un prix plus du double de celui que nous connaissons. Nous utilisons la technique habituelle de celui qui est prêt à ne pas prendre ce bus et attendre le prochain, immédiatement le prix rejoint le cours local. Une heure plus tard nous sommes à la frontière avec guatémaltèque. Le soleil fait place à une grosse averse, mais nous avons le temps de nous embarquer dans un autre minibus pour encore une heure de trajet. Nous arrivons dans une ville de taille moyenne, sale, polluée, avec des rabatteurs qui nous sautent dessus à peine sortis du bus…
Et on enchaîne avec un autre bus direction une ville plus au nord. Le compteur tourne et la nuit arrive. Nous descendons en périphérie de la ville, traversons la voie pour nous rendre à l’officine pour nous renseigner sur les bus qui vont à Tikal. Il y en a. Mais le gars veut nous faire raquer la totalité du trajet depuis le point de départ du bus. Et ce bus passe ici vers 23 heures. Décor : quelques baraquements, une station service et le monsieur qui annonce qu’à partir de 21 heures le secteur est malfamé. Deux choix, dormir dans ce trou pourri et attendre le lendemain pour voyager ou bien prendre le bus. On est fatigués, affamés, incapables de prendre une décision, les nerfs lâchent, on s’engueule. La personne de l’office a une solution. On prend un bus pour un peu plus loin, compris dans le forfait, et on pourra, dans cet endroit mieux famé, attendre le bus qui devra nous emmener jusqu’à notre destination finale. Tout se passe comme prévu, au bout de deux heures le bus nous lâche tous les trois dans une immense station-service. Il est 20 heures. Erik espère pouvoir prendre ici un bus pour une ville plus au nord où il devrait choper un bateau pour Belize. En regardant la carte et le trajet du bus que nous devons prendre nous comprenons que son intérêt est de prendre le même que nous. D’autant plus que le bus qu’il comptait prendre ne s’est pas arrêté. Il serait donc condamné à dormir à la belle étoile dans la station. Le bus arrive, nous nous installons à nos places réservées, Érik n’a pas cette chance il est sur un tabouret dans l’allée. La nuit passe comme elle peut. Pas de climatisation, arrêts fréquents… A l’aube nous faisons nos adieux à Érik et descendons au croisement d’une route. Il est 6 heures du matin, nous y sommes presque.
La ligne est droite, la fatigue grande, les sacs pesants, mais il y a encore un peu de fraîcheur de la nuit et les oiseaux chantent. Nous arrivons enfin au village et cherchons une place pour se prendre un café et finissons dans une cabane qui fait musée, bar, atelier le tout recouvert d’une bonne couche de poussière. Le gars nous sert un café avec une forte odeur de mais, une omelette avec les deux œufs qu’il lui reste. Et le voilà qui pousse la chansonnette, tout en nous montrant son petit-musée… il réussit même à montrer des boucles d’oreille à Laetitia pour qu’elle les lui achète. Elles sont pas mal, le problème c’est qu’il n’a qu’une. Pas grave, il ramène ses perles, démonte d’autres bijoux, tout en nous lançant de temps en temps un regard dur qui se change immédiatement en un grand rire fraternel qui se finit en délire poétique… Bref nous ne savons pas si nous sommes très fatigués ou bien si nous sommes encore dans le bus en train de rêver cette scène digne d’un demi-sommeil entre rêve et réalité. Nous abandonnons difficilement cet étrange personnage à sa folie et nous prenons un bus pour l’entrée du parc qui abrite les ruines de Tikal. Comme pour saluer notre arriver la pluie vient nous laver de notre fatigue à grandes eaux. Nous nous rendons dans les trois hôtels pour évaluer leurs offres… pas si facile avec les torrents qui se forment dans les chemins. Mais nous finissons par en trouver un tout à fait à notre goût. Ici nous sommes bien loin des hôtels bons marchés que nous fréquentons habituellement : lampe de chevet, matelas épais, jolie vue sur le jardin tropical où les colibris viennent butiner des fleurs. Que c’est bon un peu de luxe, pas trop car nous devons tout de même sortir de la chambre pour aller nous laver dans la salle de bain commune… dans le luxe on a pris le moins cher. Dès le soir on prolonge notre séjour luxe par un dîner au restaurant de l’hôtel au prix très européen… on ajoute même à tout cela du vin, nous devons prendre des forces car demain matin nous prévoyons de nous rendre dès l’aube sur le site pour avoir l’agréable lumière de l’aube, le chant des oiseaux, peut-être voir un toucan que Laetitia cherche dans chaque forêt que nous traversons depuis que nous avons aborde la zone équatoriale et une température agréable.
Le chant du coq, nous sort du sommeil. Une bonne douche et nous voilà à la guérite où nous prenons nos billets. Tout serait parfait si les moustiques n’avaient pas décidé de venir aussi se joindre à nous. Mais après l’Amazonie, nous avons presque appris à contrôler notre agacement face à cet horrible insecte. Heureusement que la vue du premier temple qui se découvre à travers l’épaisse végétation nous fait oublier ces petites choses et nous voilà sous le charme antique des cites mayas. Le site étant dispersé nous marchons dans la jungle pour rejoindre les différents regroupements, toujours à l’affût du toucan et de son cri de grenouille. Mais il ne veut pas se montrer. Après trois bonnes heures et avoir découvert le groupe principal constitué de deux pyramides qui se font face, et quelques bâtiments d’habitations, nous retournons prendre un copieux petit déjeuner à l’hôtel avant de repartir explorer le reste du site. Et nous finirons par le voir notre toucan en plein vol, à peine quelques secondes pour admirer sa silhouette noire et son grand bec jaune et le voir disparaître dans les futaies arborescentes. Il est onze heures, nous sommes heureux et nous promenons joyeusement, contents d’avoir vu notre toucan. Nous grimpons au sommet des pyramides, pique-niquons sous les arbres pendant que les singes passent de branches en branches. Une journée bien agréable au cœur de l’histoire maya. Tikal fut la cité maya la plus influente de la période classique, elle le doit à la chute de la cité El Mirador qui domina pendant la première période et à l’éviction de sa rivale plus au nord. Lui succédera la star internationale du tourisme culturel mexicain, la très reconnue Chichen Itza. Il est 18 heures, le soleil se couche et laisse sa place à une pluie torrentielle. Il est donc temps de déserter le site comme la plupart des touristes et nous en retourner dans notre petite chambre à l’abri des intempéries et des moustiques.
Adieu Tikal, nous continuons notre route à l’ouest vers la charmante petite ville de Flores.

Laetitia et Stan

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