J+271-274 / Granada, little Italy

Des taxis sont là à l’arrivée du bateau pour attendre le client. Nous négocions le prix et montons pour nous faire déposer à l’endroit où nous pourrons prendre le bus pour Granada. Sur place on nous dit que le bus est déjà passé et on nous conseille de prendre celui qui se prépare à partir et ensuite un autre pour Granada. Le chauffeur n’a visiblement pas l’intention de nous attendre et le temps de décharger nos sacs du coffre du taxi, il commence à démarrer, nous sommes obligés de courir et de monter en route par l’arrière.

Comme souvent en Amérique Centrale c’est un grand bus jaune Blue Bird. A croire que tous les vieux bus américains et canadiens ont échoués là. Nous nous installons, le gars chargé de faire payer essaye comme cela arrive souvent, de nous extorquer bien plus que le prix normal, des vendeurs de tout un tas de choses à manger montent par l’avant et redescendent par l’arrière à chaque arrêt, un trajet normal de bus quoi ! On nous dépose à un croisement où nous attendons le bus suivant pour Granada qui ne tarde pas à arriver.

Granada, ville coloniale, probablement la plus belle du Nicaragua nous accueille en fin de journée avec une lumière magnifique sur ses bâtiments ocre. Nous nous mettons tout de suite à la recherche de l’hôtel Roxane, le fameux hôtel tenu par un italien et sa femme dont nous ont parlé les allemands sur l’Isla Ometepe. Roxane et Giovanni sont là et ils ont des chambres de libres, sans les souris ! Roxane nous annonce un montant plus élevé que celui qu’avaient eu les allemands et à nos têtes elle descend d’elle-même le prix. Finalement nous prendrons une chambre pour nous trois, elle donne sur une petite cour où jouent leurs enfants. Bonne ambiance, internet gratuit et apparemment Giovanni est un cuistot hors pair, pour les pasta en tout cas. L’endroit parfait pour trois ou quatre jours tranquilles dans cette ville qui n’est pas trop grande et dans laquelle il y a pas mal de choses à visiter. Pour commencer nous commandons à Giovanni de bonnes bières fraîches et des pâtes au gorgonzola. J’essaye de parler un peu italien avec Giovanni mais c’est l’espagnol qui me vient et comme lui parle un savant mélange des deux langues c’est assez incompréhensible pour les autres. J’apprends qu’il est installé au Nicaragua depuis huit ans, il était venu passer des vacances et il n’est jamais reparti. Les pâtes arrivent accompagnées d’une douce odeur de gorgonzola. Elles sont délicieuses ! Ça faisait tellement longtemps que nous n’avions pas mangé quelque chose de si bon que nous les dégustons une à une en nous assurant qu’elles sont bien recouvertes de cette sauce parfaite et nous en redemandons ! Il n’en reste que pour un plat mais nous le commandons quand même et le partageons. Nous avons fini le stock de gorgonzola mais je suis sûre que Giovanni en a un perso planqué quelque part. Nous parlons bien sûr de la coupe d’Europe de foot et du match Fance-Italie qui aura lieu le lendemain. Nous nous donnons rendez-vous à deux heures pour regarder le match ensemble.
Après une chaude nuit nous allons voir à quoi ressemble cette ville. La chaleur est écrasante et nous avons du mal à trouver un endroit pour prendre un petit-déjeuner mais la ville à l’air agréable. Nous commençons par un musée d’anthropologie, pas exceptionnel mais qui nous donne un aperçu de ce que nous pourrons voir sur les sites mayas que nous allons voir bientôt et au moins il y fait frais. L’heure du match de foot approche et nous mangeons un morceau vite fait avant de rejoindre l’hôtel et Giovanni. Quand nous arrivons tout est calme, la télé est éteinte et pas de Giovanni dans les parages. Bizarre. Nous allumons la télé et pas de match. C’est quoi cette histoire. Là dessus Giovanni arrive et nous demande pourquoi on n’est pas venus voir le match avec lui ! Comment ça ? Il commence dans 10 minutes le match ! « Ben non, il est fini et en plus la France a perdu. » nous répond-il. Et là je comprends tout. Quand on lui a demandé à quelle heure il commençait il nous a dit « a las doce » et nous on a compris « a las dos ». Le match était à midi et pas à deux heures et le pire c’est que ce n’est pas la première fois que ça nous arrive, verbalement la différence est subtile et on s’est fait avoir. En même temps si c’était pour voir les français prendre une rouste et se faire vanner ce n’est pas bien grave. Du coup on décide d’aller faire une sieste, comme les locaux, les rues sont vides à cette heure-ci, trop chaud. En plus Erik ne se sent pas très bien côté estomac. Sûrement un truc qu’il a mangé, le problème c’est qu’on a tous les trois mangé la même chose alors Stan et moi on croise les doigts. Le soir nous testons un autre plat de Giovanni qui décidément est un bon cuisinier et ça nous fait plaisir de manger un plat différent du sempiternel poulet, riz sans sauce et bananes frites et surtout un plat qui a du goût. Nous passons la soirée à discuter avec Giovanni, moitié en espagnol, moitié en italien tout en buvant des bières, enfin surtout Giovanni. Le lendemain matin c’est à mon tour d’avoir des problèmes d’estomac et Erik ne va pas mieux du tout, par contre, Stan est en pleine forme. Nous faisons l’inventaire de ce que nous avons mangé la veille et la seule chose qu’Erik et moi avons dégustée et pas Stan c’est une glace, sûrement bourrée de vilaines bactéries. Et voila comment la gourmandise vous punie. Stan se retrouve avec deux boulets qui n’ont rien envie de manger et qui ne peuvent pas s’éloigner des toilettes de plus de 100 mètres ! La journée sera donc placée sous le signe du « farniente », et le fabuleux projet de prendre le bateau pour visiter un chapelet d’îles non loin sombre dans les eaux du lac Nicaragua. Nous avons tout de même la force de nous traîner jusqu’au bureau de bus pour nous renseigner sur le bus à prendre pour nous rendre jusqu’à Copàn au Honduras où il y a des ruines mayas. Pas de bus direct, nous devrons passer la nuit à Tegucigalpa la capitale du Honduras. Erik décide de partir le lendemain. Avec Stan nous préférons rester une journée de plus et dans le cas où ma santé s’améliorerait nous pourrions nous rendre sur les îles. Avant de nous en retourner dans le centre ville, nous visitons une ruine des temps modernes et un futur site archéologique et touristique pour les générations futures : un hôpital abandonné depuis une dizaine d’années.
Pour notre dernier soir ensemble, Erik nous offre le repas dans une bonne pizzeria de la ville.
Granada est comme une petite Italie et elle ne manque donc pas d’endroits pour bien manger. Nous voilà en terrasse à prendre du bon temps, inévitablement des vendeurs de bric et de broc passent pour vendre souvenirs et petites choses pour grignoter à l’apéro. Et nous optons pour les choses à manger. Le petit gamin qui les vend a un tel talent pour mettre en valeur les petits gâteaux que sans aucun doute sa maman prépare, que nous lui en achetons bien que nos pizzas soit sur le point d’être servies. Les pizzas arrivent, nous continuons de discuter tout en buvant… Évidemment nous refaisons le monde parlons des problèmes d’écologie d’ordre mondial, du gaspillage énergétique ce qui amène Erik à nous parler de son projet de maison énergétiquement autonome. Très intéressant mais ce serait un peu long et fastidieux de vous le décrire. C’est à ce moment que deux poufs américaines que nous avions croisées sur Isla Ometepe se pointent et s’imposent à notre table, la conversation vire de bord vers un ennui mortel, heureusement à force de silences elles finissent par comprendre que leurs places est ailleurs. En plus, contrairement à Erik qui fait un effort pour ne pas parler trop vite dans sa langue natale pour que nous le comprenions, elles ne font aucun effort et seul Erik arrive a décrypter ce qu’elles disent. La conversation reprend son cours comme si elles n’avaient jamais existé et c’est beaucoup mieux.
Le lendemain matin Erik nous fait ses adieux en nous disant que si il changeait d’avis il nous attendrait à la sortir du bus à Tegucigalpa quand nous arriverons demain. N’étant toujours pas rétablie, nous faisons une journée tranquille. Giovanni voyant ma faiblesse, me prépare un Rizotto des plus fameux pour me remettre l’estomac en place. Dans l’après-midi nous passons par la case coiffeur où Stan tente d’expliquer au coiffeur qu’il voudrait une coupe Psyko avec dessin à l’appui. Le résultat n’est pas si mal. Il aura même droit à un rasage triple passage avec arrosage à l’eau de Cologne et un massage de tête pour apaiser le tout. Le soir Giovanni nous a proposé de venir manger chez lui car sa femme organise une soirée danse du ventre. Nous n’avons rien d’autre de prévu alors on y va et heureusement car nous sommes les seuls spectateurs. C’est notre dernière nuit à Granada et au Nicaragua, demain direction le Honduras.

Laetitia et Stan

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