J+267-271 / L’ami americain

Nous entrons dans le hall du terminal de bus, regard d’ensemble, mon oeil s’arrête sur une silhouette connue. Éric, l’américain de Seattle assis attendant sagement le départ du bus. Il n’a pas changé, si ce n’ est qu’il a perdu un peu de ses coups de soleil et retrouvé son teint d’aspirine. Comme nous il part pour le Nicaragua, il ne sait pas exactement ou et après discussion dans le bus, il est bien tenté lui aussi par un passage par Isla Ometepe et son lac qui est le plus grand Amérique centrale. Un passage de frontière plus loin, nous descendons dans une ville faisant face à l’île et ses deux majestueux volcans. Avant de nous embarquer nous essayons de prendre des nouvelles de Slava, savoir si il a bien embarqué pour son vol direction La Havane, car Éric qui a payé son ticket via sa carte bleue s’est vu retourner l’argent du vol et il est sans nouvelles de lui.

Malheureusement la compagnie aérienne ne veut pas lui confirmer sa présence sur le vol par clause de confidentialité. Espérons qu’il ne se soit pas fait enlever par la police qui lui a proposé de le déposer à l’aéroport. Nous ne sommes pas bien sûr que les policiers dans ce pays soient de toute confiance.

Arrivés sur la jetée nous trouvons tout de suite un bateau qui fait la liaison quotidienne avec l’île. Un bateau mi-cargo, mi-ferry, mi-rafiot. Nous nous installons sur le pont supérieur pour admirer l’île couronnée de ses deux majestueux volcans, Concepcion et Madura. Après quelques minutes de navigation l’ambiance change, les vagues se forment, se creusent et nous plongeons et remontons en cadence. Le bateau gîte de droite et de gauche ; régulièrement les vagues arrosent le pont, on se croiraient en pleine mer. Nous subissons une bonne heure de ce traitement. Un peu avant d’arriver à
Le lendemain nous projetons de nous rendre au Cerco Verde, enclave aquatique proche de la berge. Pour cela nous nous rendons au village pour louer des vélos. Éric en profite pour essayer de retirer de l’argent, mais faute de passeport il est refoulé après plus d’une heure d’attente, c’est donc Laetitia qui s’y rend pour lui. Je profite de ce temps pour regarder la France jouer contre la Hollande, mais nous devons partir à la mi-temps alors que la France martèle le but hollandais sans jamais trouver la faille. Deux bonnes heures de bicyclette, nous nous arrêtons de temps en temps pour nous reposer et regarder l’évolution du match sur les télés de ceux qui le suivent … cela se finit par un score absolument scandaleux, sans doute du à un nombre incroyable de fautes d’arbitrages en faveur de la Hollande !!! Une bonne bière en arrivant pour nous remettre de ces deux petites heures de bicyclette et nous allons nous promener autour du petit étang, chercher quelques cailloux sur la plage de sable noir et se frayer un chemin dans une mangrove bien marécageuse.
A la nuit, nous sommes de retour à la maison, la famille s’est un peu inquiétée de notre retard. En arrivant au village nous avons dû chercher une voiture pour nous emmener le soir jusqu’à l’autre bout de l’île dans une ferme où nous devrions trouver du café, au pied du plus petit des deux volcans. Nous récupérons nos sacs, faisons nos adieux à cette famille d’une nuit ; à peine avons nous roulé quelques dizaines de mètres que la voiture tombe en rade de façon définitive. Merde. Le chauffeur nous dit de pas nous inquiéter, son fils va venir nous chercher pour nous emmener en 4×4, pour patienter nous ouvrons des bières chaudes. Le fils arrive et nous nous remettons en route, il nous faut une bonne heure et demie de route pour parcourir la distance qui n’est pas grande, mais la majeure partie se fait sur de la piste caillouteuse et boueuse. Vers 21 heures nous arrivons à la Finca Magdalena. Éric souhaiterait dormir à la fraîche dans un hamac, mais il fait vraiment frais alors il prend comme nous une petite chambre. Le restaurant étant encore ouvert nous en profitons pour remplir nos estomacs et partons nous coucher, car demain il va nous falloir être en forme pour gravir le volcan jusqu’à son sommet, même si c’est le plus petite des deux et que ses flancs sont ombragés.
Chacun se réveille à son rythme, et vers 10 heures nous partons en prenant soin d’esquiver le guide que le personnel de l’hôtel a essayé de nous mettre en les pattes. Rapidement nous nous rendrons compte de l’inutilité de celui-ci : le chemin est tout droit jusqu’au sommet. En chemin nous découvrons des plantations de cacao, une pépinière de caféiers mais aussi des pétroglyphes datant des premiers temps de l’occupation de l’île. Cette première partie a tout d’une promenade. Jusqu’au moment où nous croisons un groupe qui en redescend les chaussures et les pantalons couverts de boue et qui annonce l’air bien fatigué que nous avons franchit le premier tiers. Petit à petit nous comprenons, les pierres sont de plus en plus glissantes, de plus en plus de boue, la côte se raidit et la végétation se densifie. Les pauses se font de plus en plus fréquentes et nous n’avons même plus les poumons pour nous fumer une petite tige, qui serait d’ailleurs instantanément éteinte tant nous suons sang et eau.
La végétation change, les arbres se tordent, les branches s’entremêlent, les mousses, les orchidées et autres plantes parasites viennent y trouver refuge. Nous continuons péniblement notre chemin surveillés de loin par les singes. Dans le lointain les cris des singes hurleurs qui font échos sur les parois du volcan. Vers 14 heures nous arrivons au sommet, nous redescendons et quelques minutes plus tard nous découvrons un petit lac qui s’est fait sa place au creux du cratère. Nous prenons le temps d’admirer le lieu, de nous baigner, de déjeuner et redescendons avec précaution tant il y a de boue et de pierres glissantes. Presque arrivés à la ferme, nous nous posons pour admirer les singes hurleurs qui tiennent conseil au sommet, sur la canopée !
Dès le lendemain nous récidivons pour une promenade qui parait plus facile. Nous prenons la direction d’une cascade qu’on nous a indiqué. Nous manquerons de nous perdre plusieurs fois en chemin, si nous n’avions pas trouvé l’aide de fermiers qui bossaient par là. Pour accéder à la cascade, le chemin sera lui aussi bien pentu, pas autant que la veille, mais avec la fatigue il en parait tout autant. Petite déception en arrivant à la cascade, elle est petite et encombrée de tuyaux et de ciment posés par les gens pour en récupérer l’eau afin d’irriguer leurs champs et sans doute leurs maisons. De retour nous admirons de nombreux pétroglyphes disséminés dans la forêt. Bien fatigués nous nous installons sur la terrasse pour admirer le soleil se coucher derrière le volcan en buvant une bonne bière.
Notre séjour sur l’île, qui concourt pour l’une des sept merveilles naturelles du monde, s’achève. Avant de quitter la ferme je discute avec l’un des fermiers qui m’explique la façon dont il traite le café dans cette ferme. A l’ancienne et sans pesticide. Récolte à la main, dépulpage dans de vieilles machines et séchage au soleil pendant plusieurs semaines, contrairement à certaines régions ou cela se fait en quelques jours. Ici il pleut beaucoup. Voila la recette d’un café organique et selon leur dire le meilleur du monde. Sans hésiter nous achetons une livre de café vert.
A pied et sous le soleil nous gagnons l’arrêt de bus dans le village en contrebas, patientons avec quelques autres touristes que le bus arrive. Nous montons a bord de l’épave qui ne dépasse pas les 15 kilomètres heures, mais qui jamais ne s’arrête. Après deux heures de trajet nous voilà dans le nord de l’île, nous déjeunons et nous nous installons dans le rafiot pour regagner la côte.

Laetitia et Stan

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