J+260-263 / Sin City

Nous voici débarqués du bus en plein centre de Panama Ciudad. Nous prenons un taxi pour nous faire déposer dans le quartier dans lequel, d´après le guide, se trouvent les hôtels bon marché, et nous nous séparons provisoirement de nos compagnons de voyage. Nous allons dans quelques hôtels mais les prix sont bien au delà de ce que nous pensions. Nous demandons à des gens dans la rue qui nous indiquent un autre quartier, celui dans lequel le bus nous avait déposé un peu plus tôt ! Nous avons pris le taxi pour rien et nous rebroussons donc chemin mais à pied parce que finalement ce n´est pas si loin que ça et que les taxis ne sont pas donnés ici. La monnaie du Panama est le Balboa(évidemment pas Rocky mais le conquistador espagnol qui prétendit avoir découvert l’océan Pacifique) mais il est indexé sur le dollar et du coup les prix sont en dollars, les billets sont des dollars, les mêmes qu´aux Etats-Unis et seules quelques pièces sont des balboas, quand ce ne sont pas des cents de dollars… Heureusement les prix sont un peu moins élevés qu´aux Etats-Unis mais on sent bien qu´on s´en rapproche de plus en plus. D´ailleurs, il y a des fast-food partout et on ne peut fumer nulle part, si c´est pas la preuve ça. Bref on change de quartier et on trouve une chambre avec une vrai fenêtre sur un vrai extérieur, ce qui est loin d´être le cas dans tous les hôtels, la clim, un lit et une salle de bain privée pour un prix raisonnable. Il était temps, il se met à pleuvoir des cordes sur la ville.

Après une bonne douche qui fait un bien fou, la première depuis six jours (pas de douche sur le bateau et l´eau salée ça peut laver mais c´est quand même pas la même chose) la pluie s´est arrêtée et nous allons faire un petit tour et manger un morceau. Nous devons aussi trouver un internet pour voir si les autres ont envoyé un mail pour nous informer de l’endroit où l’on pourra les retrouver. Pas grand chose dans le quartier et honte sur nous, nous allons au Mac Do. En France on n´y va jamais (je vous jure que c´est vrai et pourtant on en a un tout près de chez nous) et là, je ne sais pas ce qui nous a pris, pour la première fois depuis plus de huit mois, nous choisissons la malbouffe. Comme il fallait s´y attendre c´est pas génial et ça reste sur l´estomac. Nous allons donc marcher un peu pour faire descendre tout ça et au coin d´une rue nous tombons sur Kalin et Jason qui eux aussi ont trouvé un hôtel dans le quartier. Nous allons ensemble envoyer un mail à Slava et Erik qui sont eux de l´autre côté de la ville pour leur dire que nous les retrouvons à leur hôtel et prenons un taxi -à quatre le prix est nettement plus raisonnable- pour aller les rejoindre. Le chauffeur nous dit de ne pas nous promener dans la ville de nuit, nous parle de pistolets et de voleurs, ambiance. Ce ne sera pas la seule personne à nous dire de faire attention, de ne pas aller dans tel où tel quartier parce que c´est dangereux. Même des policiers à vélos nous ont mis en garde. Tout cela ne nous aide pas à nous sentir, comment dire, en sécurité… De toutes les villes que nous avons visitées, c´est la première fois que nous ne nous sentons pas à l´aise et que nous sommes sur nos gardes. Une fois que nous avons retrouvé Slava et Erik nous allons tout de même à pied dans le quartier pour trouver un endroit pour dîner, faut pas devenir parano, et on est sept dont cinq gars, il doit y avoir plus facile comme cible pour d´éventuels voyous. Après ça nous trouvons un endroit sympa et branché, bonne musique et cadre agréable avec galerie d´art mais sans autres clients que nous pour boire quelques bières. Une première soirée sympa avec nos cinq copains ailleurs que sur le bateau.
Le lendemain nous allons voir le seul point d’intérêt de la ville, le Canal de Panama. Il traverse l’isthme de Panama sur 80 km pour relier l’océan Pacifique à l’océan Atlantique. Chaque année 14 000 bateaux l’empruntent et des travaux d’élargissement sont en cours pour permettre le passage à des bateaux encore plus gros, ce qui occasionnera sans aucun doute des dégâts écologiques. Dans la ville de Panama, on peut voir les bateaux franchir les écluses de Miraflores et c’est donc la que nous nous donnons rendez-vous. Le passage des bateaux s’observe d’une grande terrasse.
De là nous pouvons voir d’énormes bateaux qui font la queue à l’entrée de l’écluse. L’un d’eux est en train de la passer, c’est très impressionnant. Effectivement des travaux d’élargissement s’imposent, il n’y a pas plus d’un mètre entre le bateau et le bord du canal a cet endroit. Des petits trains tractent le cargo pour le guider dans le canal et lui faire passer les différents bassins qui permettent d’élever le bateau et de lui faire passer l’écluse. Nous restons là un bon moment à regarder ces mastodontes avancer lentement et enfin reprendre la mer. Nous avons tout juste le temps de visiter le musée qui explique la construction du canal. L’idée remonte au début du 16ème siècle, la première tentative de construction commence en 1880 par les français et ce sont les américains qui le terminent. Le canal ouvre en 1914. Près de 28 000 ouvriers sont morts pendant la construction, notamment de paludisme, de fièvre jaune ou d’accidents. Nous n’aurons pas le temps d’en apprendre beaucoup plus, l’heure c’est l’heure et nous nous faisons mettre dehors par les gardiens. Nous revenons dans le centre, chacun ayant son programme, pour nous ce sera le dernier « Indiana Jones » avec Kalin et Jason dans le quartier moderne hérissé de buildings.
Nous passons encore deux jours à Panama Ciudad. Nous en profiterons pour envoyer un gros colis pour la France avec toutes les choses encombrantes et lourdes achetées en route. Petit à petit le groupe se dissout. Kalin et Jason partent les premiers.
Nous passons une après-midi à marcher dans la ville. Ce n’est pas joyeux, certains quartiers semblent dans un état de délabrement avancé. Murs décrépis, immeubles abandonnés, rues sales… Nous avions déjà traversé des villes peu accueillantes mais habituellement il y a toujours un quartier vivant et joli mais ici rien. Nous décidons de passer à l’hôtel d’Erik et Slava voir si ils sont là. Le lendemain ils partent tous les deux, Slava à Cuba et Erick on ne sait pas trop, d’ailleurs peut-être que lui non plus n’en a pas trop idée. Une dernière soirée ensemble à boire des coups sur le banc d’un parc public et à observer les gens et nous finissons dans le bar branché de la première nuit mais cette fois il est plein. On se dit au revoir, on s’embrasse et on se souhaite bonne chance pour la suite. Pour nous, la prochaine étape est Boquete, un village au pied d’un volcan et où se trouvent des plantations de café. Nous allons de nouveau devoir passer la nuit dans un bus, il part à 23 heures. Nous passons cette dernière journée dans un café internet, ça tombe bien il pleut, et nous en profitons pour écrire un peu pour le blog. Juste avant de partir pour la gare routière nous recevons un mail de Kalin et Jason qui viennent d’arriver à Boquete alors que ce n’était pas ce qu’ils avaient prévu. Ils nous disent que le lendemain à 9h ils vont faire un coffee tour et que si ça nous intéresse il reste de la place pour nous. On ne pensait pas les retrouver si rapidement et bien sûr on dit oui pour le coffee tour, même si ça nous laissera tout juste le temps de poser nos sacs à l’hôtel et de peut-être prendre une douche. Mais c’est le tour du monde du café ou bien ?
Nous prenons un taxi pour la gare routière qui comme souvent est excentrée. Le bus ne part que dans trois heures, ça ne va pas être facile de s’occuper. La gare est grande et bien éclairée mais il n’y a pas grand chose. Nous laissons nos gros sacs dans les bureaux de la compagnie, ce sera plus facile pour traîner la galoche. Un centre commercial se trouve juste en face et nous y allons en nous disant que peut-être là-bas… Nous faisons le tour pour trouver l’endroit où nous allons manger un morceau, pas facile de choisir entre fast-food et … fast-food. Nous nous installons dans une petite pizzeria en espérant qu’ils ne nous servent pas trop vite. Malgré ça nous n’y passons pas plus d’une heure, ce qui nous en fait encore deux à occuper. Et si on faisait encore le tour du centre commercial ? Entre-temps presque tous les magasins ont fermé. Pas de chance. Mais, c’est quoi cette lumière là-bas ? Allons-y. Un vendeur de glace, achetons une petite glace. Nous la mangeons en traversant les allées sombres de cette galerie commerciale en traînant la patte pendant que les femmes de ménage nettoient derrière nous et qu’une petite musique bien kitch nous accompagne. Plutôt glauque et il ne s’est pas passé plus d’une demi-heure… Nous décidons que nous avons assez exploré le lieu et nous retranchons dans la salle d’attente en guettant l’arrivée du bus qui nous l’espérons ne sera pas trop pourri. Il fini par arriver et bonne surprise il est tout neuf. Par contre il est encore trop tôt pour nous y installer. Nous nous allumons une petite clope pour patienter et au bout de deux minutes le chauffeur vient nous dire que nous ferions mieux de l’éteindre, si un policier passe par là il pourrait nous arrêter. Quoi ? Mais nous sommes dehors ! Ben oui, mais ici c’est interdit de fumer même dehors. D’ailleurs c’est vrai que nous avions vu des affiches devant certains magasins interdisant de fumer à moins de 50 mètres alors que c’est la rue ! Pas cool, en tout cas on l’écrase, on s’assoit sur nos sacs et on patiente trente minutes de plus.

Laetitia et Stan

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