J+251-254 / Derniers jours en Colombie

Carthagène des indes, vieille cité post colombienne, qui vit de nombreux galions venant d´Espagne y mouiller pour décharger les esclaves et charger l´or. Nous venons à Carthagène pour son histoire et sa beauté mais aussi pour trouver un moyen de rejoindre le Panamá tout proche. Nous avions exploré la piste aéronautique mais elle s´est révélée assez chère pour une heure et demie de vol. Il nous reste encore deux solutions: un, longer la côte en bus jusqu´à Turbo pour s´approcher le plus près possible du Panamá puis prendre une multitude de petits bateaux afin de rejoindre Colón au Panamá ; cela nous prendrait quatre ou cinq jours. Deux, trouver un voilier qui rejoint Colón directement de Carthagène, avec une halte dans l´archipel de San Blas. Nous espérons trouver la réponse dans les rues de Carthagène où il y aura certainement des personnes pour nous renseigner, ce passage est une question en suspend depuis notre départ, car aucune route ne relie la Colombie au Panamá. Il n´y a qu´une forêt inhospitalière et tropicale, refuge de nombreux trafiquants, guérilleros et autres personnes plus ou moins fréquentable selon le degré d´aventure que l´on veut introduire dans son voyage.
A la faveur de la nuit nous débarquons près des remparts de la vieille ville. Avec nos sacs à dos nous la traversons, la semelle claquant le pavé et le nez en l´air en admirant les beaux hôtels dans lesquels nous ne dormirons pas. Nous ressortons par la grande porte et nous nous dirigeons vers des quartiers plus populaires. Nous arrivons dans une rue bien vivante, musique salsa venant de petites échoppes, des trottoirs encore plein de monde en train de discuter et d´autres à tituber ou déjà écroulés auprès de leur chère et tendre bouteille de rhum. Nous sommes bien loin des rues du centre historique déjà désertées par les vendeurs en tous genres, où seuls quelques touristes passent encore sous la lumières des réverbères. Sans problème nous trouvons notre hostel de voyageurs. A peine avons nous eu le temps de lancer un « buenas noches » que la réceptionniste nous renvoie un « hello, do you need a room? ». Avec humour on aurait pu lui répondre « Yes, if we can pay in dollars? ». J´aime pas beaucoup que l´on nous réponde en anglais alors que l´on a entamé la conversation en espagnol. Nous aurons l´occasion de rediscuter de cette forme d´impérialisme culturel dans un autre épisode. Revenons à Carthagène. Une fois posées nos affaires dans notre chambre sans fenêtre, nous repartons en quête de notre pitance quotidienne. En passant nous voyons sur le comptoir de l´hôtel une annonce pour un bateau qui part pour le Panamá dans deux jours. Nous appelons et prenons rendez-vous pour le lendemain avec un certain Marco à l´accent bien québécois. Nous grignotons quelque ACPM (Arroz Carne y Papas Maduras c´est à dire le plat typique colombien, riz, viande et bananes mûres) dans un petit resto à la lumière crue. Une petite promenade pour faire descendre et admirer les belles demeures qui hantent la vieille ville et nous nous jetons sous les draps.

Vers midi nous retrouvons comme prévu Marco dans le hall de l´hôtel en discussion avec un type à l´anglais teinté de vocalise post soviétique qui est aussi intéressé : Slava. Tous ensemble nous prenons la direction du port, nous embarquons sur un petit canot à moteur pas bien vaillant pour rejoindre le voilier, un douze mètres. Il ne faut pas bien longtemps pour nous décider pour la solution croisière sur les Caraïbes et abandonner celle de la baroude via la forêt du Darien. Rendez-vous avec Capitaine Marco dans deux jours sur le quai à quelques coudées de son voilier.
Nous occupons ces deux jours comme il se doit pour toute personne en voyage en pays étranger. Visite de la vieille ville, marche le long des remparts face à la mer, passage par un musée d´art contemporain à vomir. Lors d´un petit déjeuner dans un endroit où l´on sert autre chose que du ACPM dés le matin, nous rencontrons naturellement deux touristes et une nouvelle fois nous nous rendons compte qu´il est plus facile de créer des liens avec les autres voyageurs qu´avec les gens du pays. Entre touristes nous avons des histoires communes, nous butinons les mêmes lieux et nous nous recroisons parfois ; tandis que pour les gens du pays nous ne sommes que des gens de passages, ici pour trois ou quatre jours tout au plus. Alors au delà du « de quel pays venez-vous? » et autres formules de politesses, il ne reste plus grand chose à dire, parfois avec chance on peut discuter un peu de politique ou de football parfois même de Sarkozy !!! Et encore, la Colombie est peut-être le pays dans lequel nous avons crée le plus de liens avec les gens du pays. Même en essayer de passer un peu de temps dans certains endroits, on voyage trop vite, il faudrait pouvoir rester au minimum une dizaine de jours pour commencer à s´immiscer dans la vraie vie du pays et passer cette couche superficielle à laquelle nous nous arrêtons le plus souvent. Donc comme prévu nous nous lions avec quelques voyageurs en transit éphémère et nous nous retrouvons le soir sur une petite place où des gamins jouent au « futbal », tandis que les plus vieux discutent assis sur les bancs au pied de l´église. Une petite épicerie permet à tous de se pourvoir en boissons et autres friandises. Nous ferons de nombreux aller-retour pour nous charger de cette divine boisson qui délie les langues depuis des milliers d´années.

Et inéluctablement le temps vient pour nous de partir
pour le port de plaisance. Nous retrouvons Slava et nous embarquons dans un petit taxi qui nous dépose près du ponton. Quatre autres personnes attendent, nous les saluons, nous nous présentons. Rapidement Morgan le Mousse de Marco (un français de Montpellier) arrive avec le canot et charge nos affaires pour les déposer sur le voilier. Quant à nous, nous restons à quai en attendant Capitaine Marco pour aller acheter de quoi vivre sur le bateau pour cinq jours. Nous remplissons deux bons chariots, je passe les détails des courses, votre imagination sera assez fertile pour en imaginer le contenu. Nous embarquons les uns après les autres sur le petit canot pour rejoindre le voilier. Capitaine Marco, Morgane, Slava le russe, deux colombiennes qui partent vivre au Panama, Erik l´américain, Kalin et Jason les british et nous deux dignes représentants de la République Française. Nous levons l´ancre et prenons cap plein ouest.
Adieu Colombie bien aimée.

Laetitia et Stan

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Une réflexion au sujet de « J+251-254 / Derniers jours en Colombie »

  1. Anonyme

    Coucou les globe-trotters, c’est toujours aussi agréable, drôle et palpitant de vous lire!Une réaction à vos difficultés à nouer des liens avec les « locaux »: en tant qu’expats installés, nous les expérimentons depuis 3 ans et demi! Différences culturelles, nuances linguistiques, accents gratinés… c’est un effort constant d’adaptation. Leslie par contre est comme un poisson dans l’eau, cela doit être la magie de l’enfance, pas de souci du lendemain, pas d’arrière pensée…Faut prendre ce qu’on peut au moment où on le vit, et se dire qu’en attendant on a bien de la chance de ne pas s’encroûter dans cette France morose!!!A plus, Stéph et Dinh

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