J+233-234 / Interlude : nuit blanche pour un café noir

Après trois heures de bus dans la cordillère colombienne avec un chauffeur pied dedans, dépassant voitures, camions et tout autre obstacle entravant sa route. Sains et saufs, nous arrivons à Ibague. Rendez-vous avec Rafael même heure, même endroit au kiosque à café du terminal de bus. Il nous rejoint, franche embrassade. Quelques minutes plus tard nous sommes dans son appartement où nous voyons trôner sur la table du salon une machine aux chromes rutilants. Fièrement Rafael nous explique qu’il vient de ramener cette machine à torréfier le café de Minneapolis et qu’il n’a pas encore eu le temps de l’essayer.

Nous posons nos affaires et nous partons pour un restaurant 100 « % Carne. Chacun raconte ce qu’il a vécu ces dix derniers jours. Ana-Lucia le mariage de ses amis avec qui nous avions été au concert, Rafael son voyage à Minneapolis et nous notre kidnapping par les colombiens de Santa-Rosa. De retour à l’appart, je demande à Rafael s’il n’a pas envie de tester son nouveau jouet ; petit sourire. Il prend le bébé dans ses bras et le transporte sans tarder dans la cuisine. Il sort un bon kilo de café vert de derrière les fagots, feuillette la notice que rapidement nous abandonnons, notre niveau d’anglais mutuel étant trop faible, pour explorer par nous-mêmes les possibilités de la machine. La première torréfaction qui prend une bonne vingtaine de minutes sera une foirade complète, malgré la douce odeur qui se dégageait de la machine le café est brûlé. Rafael prépare une nouvelle dose de café vert pendant que la machine refroidit. Il modifie ensuite quelques courbes de températures et de temps et nous renouvelons l’opération. Cette fois le café sera à peine bruni.
Nouvelle dose, cette fois Rafael à l’air plus satisfait du résultat, mais apparemment ce n’est pas suffisant. Il est deux heures du matin et nous nous levons tous demain vers six heures trente. Rafael et Ana-Lucia ont plus de trois heures de route pour rejoindre la famille de madame, quant à nous, nous devons prendre un bus pour Bogotá où nous devons retrouver Olga avant midi. Nouvelle torréfaction, il n’est toujours pas satisfait. Laetitia me remplace un peu auprès de Rafael pendant que je vais me détendre sur internet en jouant au poker. J’ai le temps de jouer une heure et de revenir que Rafael n’est toujours pas content du résultat. Nous restons avec lui jusqu’à 5 heures du mat. Quand enfin il se retourne vers nous et nous annonce qu’il a fini par trouver le bon réglage et qu’il va maintenant pouvoir nous torréfier une sélection des deux meilleurs cafés qu’il a noté la semaine dernière lors d’une catation qui opposait plus de quinze cafés différents. Encore une petite demi heure et nous nous couchons fatigués mais avec la fierté du travail bien fait, surtout Rafael !!! Je vous ai menti un peu dans le titre à propos de la nuit blanche, mais c’était pas loin. Nous dormons à peine une heure et demie et nous voilà à nouveau dans la cuisine pour moudre le café et le mettre en sac. Bien sûr Rafael prépare sa machine à Expresso pour la sanction finale. Verdict, ce café est 100 % pur, 100 % fuerte, 100 % black et nous réveille donc à 300 % et on en a besoin !

Adios y Muchas gracias Rafael y Ana-Lucia, nos vamos a Bogotá.

Laetitia et Stan

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