J+227-233 / Incroyables colombiens Episode II

Le lendemain très tôt, nous prenons un minibus et nous retrouvons sans souci notre famille colombienne : le fils, la mère, la grand-mère et une amie. Trois heures plus tard nous arrivons à San Augustin où nous trouvons un hôtel sympathique, tout en bois avec une grande cour intérieure. Nous laissons nos affaires et partons pour visiter le site archéologique. Beaucoup de monuments funéraires dispersés dans la forêt, composés de têtes monolithiques, gardant l´entrée des tombes, plus loin sur le parcours nous trouverons une place sculptée dans la roche de la rivière, un lieu que sans doute les sages utilisaient pour différentes cérémonies. Il y a peu de traces de cette culture qui aurait habité la région il y a environ un bon millier d’années.Alors que nous nous installons dans notre chambre, Socorro la grand-mère de Jorge vient nous voir pour nous proposer de continuer avec eux demain matin au chant du coq pour visiter les autres ruines de la région et une cascade puis continuer la route en direction de Popayan plus à l´ouest. Commençant vraiment à être fatigués, nous déclinons l´offre. Le temps de prendre notre douche et de nous rafraîchir le cerveau par la même occasion, nous changeons d´avis, nous apprécions leur compagnie et il serait trop bête de ne pas profiter de l´opportunité qu´ils nous offrent de visiter la région très difficilement accessible en bus. Nous les rejoignons pour le dîner et leur exprimons notre changement de cap : grand sourire de Socorro qui nous lâche une petite boutade au passage. Le seul souci c´est qu´entre temps ils ont proposé à un couple de colombiens rencontrés la veille le même parcours et qu´ils ont été plus prompt que nous, pas grave pour Jorge nous serons donc huit dans le 4×4. Une petite ballade nocturne dans les rues tranquilles de cette paisible bourgade de la cordillère centrale, arrêt pour boire un coup, une pause dans une petite échoppe touristique et chacun rejoint sa chambre. Rendez-vous demain à l´aube.

 

Chacun se réveille un peu en retard et le temps de rameuter tout le monde, le ciel est déjà bien clair. Notre place de retardataire nous vaut d´être dans le coffre, 30 cm de large et 1,50 de long. Rapidement nous commençons à goûter les plaisirs des pistes caillouteuses. Tout au long de la journée nous découvrons différents sites archéologiques, passant par des villages paumés où le règne de la charrette et du mulet est bien loin d´être oublié ; admirant les cascades qui foisonnent dans la région et nous arrêtant dans toutes les églises. Bref malgré notre position tape-cul, que du bon !!! A la nuit tombée toute la compagnie rejoint San Augustin, le couple de colombiens retrouve leur voiture et nous nous mettons en route pour une ville à une heure d´ici où nous passerons la nuit, avant de repartir très tôt pour Popayan à plus de cinq de route. En arrivant á l´hôtel voyons qu´il n´est pas dans notre standing mais nous ne voulons pas faire hôtel à part, d´autant que le départ aura lieu à l´aube, alors nous discutons un peu le tarif. Nous aurons ce que nous voulons mais nous devrons nous passer d´eau chaude, pas grave nous avons fait la campagne d´Afrique ! Au moment de partir, nous allons payer notre nuit d´hôtel mais le garçon nous dit que la note est déjà réglée. Nous allons voir Socorro pour lui donner l´argent pour notre nuit et nous recevons un refus sans appel et nous envoie charger nos affaires dans le coffre de la voiture. Le moteur démarre, nous ne sommes plus que cinq dans le 4×4, trois de nos compagnons nous lâchent aujourd´hui pour rejoindre Neiva. Pendant une bonne heure nous profitons du macadam, cela ne dure pas et après avoir pris notre desayuno (petit-déjeuner) à la mode locale dans un petit bled de la cordillère centrale nous abordons la piste.

Le soleil brille, derrière nous s´élève la poussière, Jorge pied au plancher dévoile toute la puissance de son 4×4 V8, le décor défile, nous mangeons les kilomètres comme un mustang lâché dans les hautes plaines. Contrairement aux autres routes colombiennes, nous notons rapidement l´absence de policiers, explication de Jorge : nous sommes en pleine zone de guérilla, mais ne vous inquiétez pas en ce moment c´est calme… C´est ce moment que choisit la voiture pour montrer une légère faiblesse, rien de grave une simple crevaison. Mais sur les 5 écrous qui verrouillent la roue, deux sont cassés ; nous repartons et abandonnons la vitesse mustang pour adopter la vitesse mulet. Plus que cinq heures avant de rejoindre Popayan. Sur la route, un ancien pont détruit par la guérilla, un village où l´on peut observer un nombre incroyable d´éclats de balles décorant les murs, tristes guirlandes. Heureusement tout n´est pas que guérilla et vendetta, nous passons aussi par une magnifique cascade et par un plateau où de très étranges plantes poussent dans un terrain spongieux et ne grandissent que d´un centimètre par an. On raconte dans les pueblos qu´il y a bien longtemps on en voyait de plus de 30 mètres, la plus grande que l´on ait vue faisait à peine 2 mètres.
La pluie arrive en même temps que nous sur Popayan, magnifique cité aux murs blancs, tuiles rondes et rouges sur laquelle pèse aujourd´hui lourdement le gris du ciel. Le temps que la famille se signe devant une église et nous reprenons la route pour Cali, nous pensions nous arrêter dans la cité, mais le temps presse et la famille continue au nord sur la même route que nous alors sans trop résister nous avons accepté leur invitation. Naturellement nous finissons notre route dans la chambre d´amis de Jorge à Santa Rosa. Je pense maintenant que le kidnapping est profondément ancré dans la culture colombienne. Je rappelle les faits : nous faisions du stop au bord d´une piste asséchée et poussiéreuse, nous sentions aussi fort qu´un fromage de bouc, ils ont eu la gentillesse de nous avancer de quelques kilomètres et nous voilà trois jours plus tard invités chez eux à dormir. Incroyables colombiens. Nous passerons trois jours dans cette région caféière. Nous visiterons Pereira, Arménia et nous goûterons au cinéma colombien sans doute l´un des meilleurs d´amérique latine : « Pero come Pero ». Nos charmants ravisseurs finissent par nous relâcher après une semaine de prise d´otage plus qu´agréable. Et nous voilà dans un bus direction d´Ibague pour finir notre boucle de la partie sud de la Colombie. Rafael est revenu des Etats-Unis et nous attend pour un bon expresso. Sur son conseil nous passons par un parc dédié au café, nous y affinons notre savoir et repartons direction son accueillante maison.

Laetitia et Stan

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