J+131-135 / Sur la piste du café brésilien

Même quand il est confortable, on ne dort jamais très bien dans un bus, surtout avec la clim à fond, et c’est donc un peu au radar que nous arrivons à Ouro Preto. Il est 6 heures du matin, il pleut et il fait froid. Allez, un petit café pour réchauffer et réveiller tout ça et nous partons à la recherche de notre hôtel. Nous en trouverons un sur les hauteurs de la ville. Nous avons décidé de venir ici d´abord parce que c´est un bel endroit et aussi parce c´est dans cette région du Minas Gerais que se trouve le café. Le truc c´est qu´on ne sait pas encore exactement où. Étrangement nous n´avons trouvé que peu d´infos sur internet. Concentrons nous d´abord sur cette jolie ville. Bon, d´accord il pleut et ça c´est pas terrible, en même temps on est en saison des pluies alors on va faire avec. Ouro Preto est une ancienne ville coloniale aux ruelles pavées et escarpées, classée au Patrimoine Mondial de l´Unesco, elle a été le fief des chercheurs d´or à la fin du XVIIème siècle. Elle a aussi été la capitale de l´état jusqu´en 1897, fin 1700 il y avait plus d´habitants à Ouro Preto qu´à Rio. Nous passons deux jours à visiter la ville et sa voisine Mariana, une autre ville minière elle aussi pourvue de jolies églises. Pour la première fois depuis notre départ en septembre nous avons aussi rencontré pas mal d´autres voyageurs dont des finnois qui font un tour d´Amérique du Sud en un an et que nous essayerons de revoir à Rio. Nous quittons donc Ouro Preto pour nous mettre sur la piste du café.

Nous avons quelques infos dont un ou deux noms de villes où nous devrions pouvoir en trouver. Les horaires de bus ne nous convenant pas nous décidons de tenter le stop, nous voyageons léger avec seulement nos petits sacs à dos, nous avons laissé toutes nos affaires et nos gros sacs à Rio, en plus ça nous fera faire quelques économies. Évidement, il pleut mais peut- être que les gens ne nous laisserons pas sur le bord de la route tout trempés. Nous n´attendons pas très longtemps avant qu´une voiture nous prenne et quand elle s´arrête quelques mètres plus loin pour faire monter une autre passagère qui attendait sur le bord de la route nous nous disons que ce ne sera peut-être pas gratuit. Effectivement, la femme se fait déposer avant nous et paie sa course. Ce sera une autre fois pour les économies, nous payons pratiquement le même prix que le bus et nous nous faisons déposés à la sortie de la ville où nous tendons à nouveau le pouce pour l´étape suivante. Il commence à se faire tard et d´autres personnes font elles aussi du stop, en fait si il n´y a pas ou pas assez de bus c´est le seul moyen de se déplacer pour ceux qui n´ont pas de véhicule et c´est pour ça que ce n´est pas gratuit. Du coup quand passe un bus pour notre destination nous lui faisons signe.

Nous arrivons à Raul Suarez, petite ville visiblement sans grand intérêt si ce n´est pour nous d´être un endroit où nous serons susceptibles de trouver des plantations de café. Il va nous falloir trouver de l´info mais comment faire quand il n´y a pas d´office de tourisme et que l´on ne parle pas portugais ? Nous marchons en ville à la recherche d´indices. Une pub pour un café produit dans le coin, nous notons le numéro, demandons à quelqu´un dans la rue, visiblement ce n´est pas autour de la ville que nous en trouverons mais on ne sait pas nous dire où il y en a précisément. Nous allons dîner et en panne de clopes je me rends à côté pour en acheter. Le vieux bonhomme qui tient la boutique me demande ce que je suis venue chercher dans cette ville, tout surpris qu´il est de voir une touriste. Je lui explique, le café, le tour du monde, tout ça et il me dit que le monsieur juste à côté travaille pour le ministère de l´Agriculture et qu´il va sûrement pouvoir m´aider. Royal ! Et me voilà à essayer de lui expliquer d´où nous venons, pourquoi le tour du monde du café, quels pays nous avons visités et lui demande enfin, le tout dans un mélange d´espagnol et des quelques mots de portugais que j´ai appris, Mais elles sont où les plantations de café ?? Le Minas Gerais est bien l´état qui en produit le plus, on avait bon, ouf. Je sors mon bloc et il me note toutes les villes autour desquelles elles se trouvent en m´indiquant quelles sont les plus importantes. Je remercie grandement ce gentil monsieur qui nous a donné toutes ces infos et vais retrouver Stan qui est toujours au resto en train de m´attendre en regardant sa pizza refroidir et qui commençait à trouver le temps un peu long pour acheter des cigarettes. Mais je reviens avec une piste, demain nous savons où nous allons, Manuaçu, une ville dont l´activité est tournée vers le café, c´est exactement ce qu´il nous faut. Deux bus et nous y voilà. Effectivement, il y a des plantations de café partout, en ville des négociants en café, des entrepôts de stockage… Nous nous installons dans un petit hôtel du centre ville et partons à la découverte de cet univers caféiné. Nous tombons sur une association spécialisée dans le café et allons voir si quelqu´un pourrait nous aider. Personne ne parle anglais ou espagnol et pourtant nous resterons trois bonnes heures avec Eder qui nous expliquera tout ce qu´il sait, nous donnera un dvd montrant tout le processus, une carte du Minas Gerais avec toutes les plantations et des échantillons de café. Nous sortons de là tout contents, prêts à visiter une plantation dès le lendemain. Nous rencontrons aussi un dégustateur de café qui note les différents arômes des cafés qui vont être exportés. Nous partons en ballade dans les environs de la ville, il nous suffit de nous en éloigner un peu et nous arrivons aux pieds des collines qui en sont recouvertes. Nous ne sommes malheureusement pas en période de récolte mais nous passons la journée à cheminer dans les plantations en passant de colline en colline. Les paysages sont magnifiques, verdoyants et il n´a pas même pas plu aujourd´hui. Nous quittons Manuaçu le lendemain, retour à Rio pour le carnaval, contents de notre petit séjour dans le Minas Gerais qui nous a permis de découvrir une des régions les plus verdoyantes du Brésil, de récolter plein d´infos sur le café et de voir que sa culture est ici à une échelle bien différente de ce que nous avons vu en Afrique, le Brésil est le plus gros producteur de café et dans cet état qui en produit la plus grande partie c´est une part importante de l´économie.

Laetitia et Stan

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