J+108-111 / Partira ? Partira pas ?

Morondava est une ville far-west noyée par les eaux en saison des pluies et nous sommes en plein dedans. Les rues sont pleines d´eau mais malheureusement ça n´à rien à voir avec Venise. Bref, rien ne nous donne envie de rester ici. Avec nos amis Suisses, nous décidons de nous rendre à Belo sur Mer, un charmant village de pêcheurs à 80 km plus au sud. Le seul hic, c´est qu´en saison des pluies l´unique route n´est pas praticable, il nous faudra nous y rendre par la mer. Plusieurs solutions flottantes s´offrent à nous, le boutre à voile, la pirogue à voile ou à moteur ou la vedette d´un hôtel. La dernière possibilité étant hors budget nous nous rabattons sur une des trois premières. C´est Stan qui a géré tout ça à la perfection. Nous apprenons que ce ne sera pas si facile de s´y rendre, surtout en cette saison. L´océan peut être démonté comme ça a été le cas récemment, pendant quinze jours, aucune pirogue n´a pu sortir.

Sur le port il s´est renseigné et a fini par entrer en contact avec le capitaine d´un boutre en partance le lendemain et a négocié le prix pour la traversée, il aura fallut la journée complète pour border le truc. Nous devons nous trouver tous les quatre à 5h30 le lendemain sur le port pour le départ. Entre deux rendez-vous nous avons tout de même le temps de patauger en ville et de nous balader sur la plage. Le lendemain nous voilà sur le quai aux aurores pour embarquer et nous apprenons que le boutre ne partira pas, les matelots nous informent que le capitaine a changé d´avis ! Nous râlons un peu mais plus pour la forme – ça ne servirait à rien de s´énerver, les malgaches ne comprendraient pas, ce sentiment leur est inconnu. De toute façon, vu le temps que cela prend pour organiser un départ – « mora mora » – c´est mort pour aujourd´hui, d´autant qu´il faut au moins 6 heures pour y aller si le vent est favorable et qu´il faut prendre en compte la marée. Nous décidons d´aller prendre un bon petit déjeuner et d´aviser ensuite. Nous sommes bons pour passer une journée de plus dans cette ville et ça ne nous enchante pas et aujourd´hui l´océan était calme, on a peut-être loupé une occasion. Stan contacte un piroguier dont il avait eu les coordonnées la veille. Le tarif n´est pas le même que pour le boutre parce que c´est une pirogue à moteur et l´essence est très chère à Madagascar mais nous n´avons pour l´instant que cette solution. Le piroguier habite de l´autre côté dans un petit village et nous allons à sa rencontre en nous disant que ça fera toujours une belle ballade. En effet nous devrons prendre deux pirogues-taxis pour traverser les bras du fleuve. En route nous rencontrons la propriétaire d´une pirogue à voile qui vient d´arriver de Belo et qui nous informe que les piroguiers repartent demain, pour un prix qui colle plus à notre budget. Bien sûr cela nous intéresse et elle nous propose de nous revoir en fin de journée.
Nous voilà donc avec deux options mais nous espérons qu´il y en aura au moins une des deux qui marchera. Ici il faut bien ça ! Nous honorons tout de même notre premier rendez-vous mais nous disons tous les quatre que le tarif est un peu cher. Dommage, le feeling est bon avec Francis et la traversée aurait sans doute été instructive mais le tarif cinq fois plus cher que pour une pirogue à voile nous pose un problème. En fin de journée nous retrouvons la propriétaire de la pirogue à voile. Elle n´arrive plus à remettre la main sur les piroguiers mais nous dit que pas de problèmes elles en trouvera d´autres. Comme nous sommes quatre elle a prévu 2 pirogues avec 2 piroguiers chacune (pour le même prix). Nous donnons notre accord avons de nouveau rendez-vous á l´aube pour le départ. Dans la soirée elle nous appellera sur le portable pour nous dire que tout va bien, elle a trouvé des piroguiers parce que ceux avec lesquels elle était arrivée sont en train de faire la fête en ville et ne veulent pas repartir à Belo ! Encore une fois les choses auront été un peu compliquée mais visiblement c´est comme ça que ça se passe ici. Nous passons la soirée tous les quatre au resto de Jean Le Rasta à déguster des steaks de zébus sur fond de reggae.
A 5h30 nous nous trouvons sur le port avec une sensation de déjà vu… L´océan est calme comme la veille, ouf, et les pirogues et les quatre piroguiers sont là. Nous y chargeons nos sacs à dos après les avoir mis dans de grands sacs plastique, on n´est jamais trop prudent. Avant de rejoindre l´océan nous traversons un canal et à cette heure la lumière y est magnifique. Les maisons et les bateaux se reflètent dans l´eau et sur l´autre rive se trouve la mangrove. Le vent est au rendez-vous, pas trop fort, tant mieux, ça évitera que les pirogues se retournent mais suffisamment pour que nous nous éloignons de la côte que nous devons longer pendant 80 km assis sur une petite planche de bois. Nous avons fait une pirogue garçons avec Stan et Roger plus leurs deux piroguiers et une pirogue filles, Carmen et moi et nos deux piroguiers. Ils n´arrêtent pas de discuter et de rigoler et on se demande ce qu´ils peuvent bien se dire, aucun des deux ne parlefrançais. Les deux embarcations se suivent un moment et l´équipe des garçons prennent un peu d´avance. Le soleil commence à chauffer, l´océan est turquoise, nous avons de quoi boire et manger, tout va bien. Vers 10h, le vent tombe et là c´est une autre histoire. Le soleil ne chauffe plus, il brûle, les piroguiers n´ont visiblement pas l´intention de pagayer mais d´attendre qu´il se lève de nouveau. Les garçons sont trop loin pour que nous voyions ce qu´ils font en attendant mais avec Carmen nous nous installons pour lire ou faire une petite sieste -comme les piroguiers- en nous ménageant de l´ombre. Rien ne bougera pendant 3 bonnes heures et tout d´un coup le vent se lève, c´est reparti.
Les pirogues filent et sur chacune d´elle un piroguier est obligé de se tenir debout sur le balancier pour éviter qu´on se retourne. Après tout ce temps à attendre ça fait du bien. Nous mettrons tout de même huit heures pour accoster enfin à Bélo, tous les quatre en même temps. Malgré les plastiques, deux des sacs ont pris l´eau mais il fait beau et ça devrait sécher assez rapidement. Nous payons et remercions les piroguiers et comme ce sont eux qui nous ramènerons à Morondava nous leur disons que nous les tiendrons informés de quand nous repartirons. Carmen et moi partons à la recherche de notre hébergement en laissant les garçons à l´ombre avec les sacs. Quand nous revenons pour leur annoncer que les bungalows de chez Dorothé sont parfait, nous recroisons un des piroguiers. Il est accompagné de son fils et d´une femme plus âgée et nous comprenons vite qu´il nous l´a amené parce le pauvre gamin a une vilaine blessure à la main qui semble vieille de plusieurs jours et qui est couverte de sable. Il a un trou entre deux doigts qui semblent nécrosés, c´est gonflé donc infecté et le pauvre petit semble beaucoup souffrir. Il faudrait certainement des antibiotiques. Le père sait que les vazahas ont toujours des médicaments ! Effectivement nous en avons mais n´étant pas médecin nous ne prenons pas l´initiative de donner des médicaments qui nous ont été prescrits surtout à un enfant de 4 ans. Nous désinfectons la plaie et la protégeons et essayons de faire comprendre à la grand-mère -le père est déjà parti- qui ne parle que malgache qu´il ne faut pas enlever le pansement et qu´il faudrait qu´elle revienne nous voir demain pour faire un nouveau pansement.
Nous nous installons dans nos bungalows au bord de l´eau et demandons à Dorothé des bières pour célébrer notre arrivée en admirant le coucher de soleil. Nous sommes contents d´être parvenus jusqu´ici, ça valait le coup !
Vers 20h nous décidons qu´il serait peut-être temps que nous allions trouver un endroit pour dîner et faire un vrai repas. La vache qui rit et les biscuits consommés sur les pirogues c´est bien sympa mais comme nous sommes au bord de la mer nous préférons un bon poisson. Retour au village donc et là nous nous rendons compte que tout est déjà fermé ! Il faut nuit depuis deux heures et dans ce lieu ou il n´y a pas d´électricité les gens se couchent tôt et donc ferment boutique tôt. De toute façon il n´y a pas plus de deux restaurants. C´est loupé pour le poisson et nous ne savons pas trop quoi manger, les épiceries ne proposent pas grand chose et nous ne pouvons pas cuisiner. Nous nous munissons quand même de petits beurre locaux au cas où et retournons chez Dorothé voir si il ne peut pas nous aider. En chemin je me souviens que j´ai dans mon sac un sachet de soupe lyophilisée au poulet et que ça pourrait faire l´affaire. Dorothé nous dit qu´il peut nous faire bouillir de l´eau pour notre soupe et nous apprend que sa femme étant une excellente cuisinière et pourra nous préparer le dîner de demain. Vendu ! Nous préparons la soupe et la dégustons tous les quatre assis dans le sable autour de la cocotte et la trouvons délicieuse, faute de mieux…

Laetitia et Stan

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8 réflexions au sujet de « J+108-111 / Partira ? Partira pas ? »

  1. Dernier Couché

    Test one, test one…Manahona les amis !Ne vous en faites pas : bien sûr qu’on peut encore lire les généreux récits de vos généreuses, mouvementées, anticléricales (ô Jéhova), combustibles (hum, 70° le rhum ?!) et de fait aquatiques aventures ! Bien sûr qu’on s’en régale toujours ! Et bien sûr qu’on peut toujours vous répondre !Alors, avec pas mal de retard : bonne année balladeuse à vous et continuez de nous donner des nouvelles. Les commentaires vont bien finir par pleuvoir de nouveau : c’est la saison là où vous êtes (si j’ai bien compris).A bientôt : Seb (qui pour une fois vous écrit en plein jour ensoleillé).PS : Leatitia tu fera gafe, t’as un lémurien sur l’épaule…

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  2. Rico

    alors déjà qu’ils vivent des aventures incroyab’, en plus ils voudraient des commentaires !!!on croit rêver !Forcément avec toutes ces belles photos on ne peut que rester sans voix 🙂Gros bécos à vous deuxRico

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  3. Anonyme

    salut,nous sommes les 2 p’tits francais rencontres a puerto iguazu.J’ai lu votre blog, il y a plein d’infos interessantes.Et je trouve que t’es pas si en retard que ca quant a l’actualisation de ton site, le dernier etant date du 4 fevrier.Bonne continuation a vous deux et vous noyez pas en Bolivie car au Nord de la Paz, la situation ne semble pas encore totalement maitrisee.cardo

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