J+78-80 / Le café le plus haut d’Afrique !

De retour à Moshi avec un jour d’avance, nous retrouvons notre petit hôtel luthérien où pour le même prix que nous avions payé deux jours plus tôt on nous propose une suite… c’est pas le grand luxe, mais nous disposons d’un salon, d’une cuisine, douche et toilettes séparés, un réfrigérateur pratique pour garder l’eau au frais par ces grosses chaleurs. Nous y déposons notre baluchon.
Avant de partir nous avions vu qu’ils s’organisaient un Coffee Tour pour découvrir les plantations du Kilimanjaro, il était un peu cher, mais puisque nous n’avons pas tout dépensé lors de notre petit safari pourquoi pas en profiter. Le lendemain matin après quelques démarches nous finissons par rencontrer le responsable, il nous organise la petite excursion pour l’après midi.

Rendez-vous est pris vers 15 h avec un guide qui nous attend dans le village d’Uru. Nous avons plus d’une heure de retard, quand nous sommes arrivés au Dala-dala, il était vide et nous avons dû attendre une petite heure qu’il se remplisse, puis qu’il traverse comme il pouvait une piste des plus caillouteuses jusqu’au village, une petite heure de plus. Notre guide nous attend à la sortie du bus et nous emmène jusqu’à la ferme, la pluie commence à tomber, avec le soleil toujours présent, cela donne une atmosphère étrange à cette randonnée à travers les caféiers du Kilimanjaro. Notre guide nous propose une petite halte pour prendre un café à la coopérative et la pluie cessant nous repartons à travers des petits sentiers qui nous emmènent jusqu’à une petite bicoque qui appartient à l’un des fermiers de la coopérative. Celle-ci vend sa production dans le cadre du commerce équitable, tous les fermiers qui sont adhérants touchent un peu plus d’argent ce qui leur permet de vivre un peu mieux et notamment d’envoyer leurs enfants à l’école au lieu de les garder aux champs. Josephat, notre guide nous installe deux petits tabourets dans la cour et commence son explication sur le cycle de production du café d’Uru.

D’abord planter la petite graine face plate contre terre, dans des petits pots à la terre enrichie. Quand la jeune pousse atteint le stade de 7 paires de feuilles, environ 7 mois, c’est le moment pour qu’elle soit repiquée en terre dans un trou de 30 cm d’arête en mélangeant la terre extraite du trou additionnée à de l’humus. Les plants de café sont espacés de 8 pieds les uns des autres. Pendant un an ils plants ont encore besoin de soins particuliers et surtout d’eau et deux ans plus tard les fermiers peuvent commencer à récolter les baies et cela pour les dix années à venir, après cette date la production et la qualité du plant vont décroissants. Il faut savoir qu’un caféier peut vitre une cinquantaine d’années ; parfois quand un plant n’est plus utilisé pour ses baies il peut l’être pour son bois de bonne qualité pour la marqueterie. La récolte des baies dans cette région à lieu presque toute l’année ; la floraison a lieu entre novembre et décembre. On peut parfois trouver sur une même branche, des fleurs, des jeunes baies qui mettront quelques mois à mûrir et les baies prêtent à la récolte, ce qui implique une récolte manuelle. Une fois les baies récoltées les fermiers les passent immédiatement dans une machine pour en extraire les grains qui tremperont trois jours, ce sont les cafés « washed » ; puis ils seront posés sur des tamis à quelques centimètres du sol et à l’abri du soleil – contrairement à l’Éthiopie – ce qui en améliore la qualité. La période de séchage dure une quinzaine de jour. C’est à ce moment de la production que le café est acheminé vers des places de vente aux enchères. Les fermiers en gardent une partie pour leur consommation personnelle. Josephat nous emmène derrière la ferme où un petit feu nous attend, une petite marmite en terre y est disposée, il pose les grains, puis remue doucement pendant une quinzaine de minutes. Petit à petit les grains commencent à prendre une couleur « robe de moine », une agréable odeur de café commence à se dégager. Ensuite il transfert les grains fraîchement torréfiés dans un pillon ; le grain se fait poudre et enfin il passe l’eau chaude dans une passoire pour remplir trois bonnes tasses de café que nous dégustons ensemble. Le meilleur café que nous ayons bu. Nous n’avons participé à aucune cérémonie du café en Éthiopie, mais cette visite en possède presque toutes les qualités! Heureux nous reprenons le chemin de la coopérative, où un homme nous attend pour nous redescendre à Moshi, mais avant cela Josephat nous invite à boire une bonne bière « Kilimanjaro » au pied du sommet du même nom, parfait. De retour en ville nous allons nous régaler d’une bonne pizza tanzanienne.


Le lendemain, nous sommes en place dès 9h30 devant l’office de booking « Dar Express » à 9h45 le car pour Dar-es-Salam entre en scène, le plus beau bus que nous ayons vu depuis longtemps, nos bagages sont mis en soute et nous prenons place sur nos sièges numérotés. À 10 heures le car se met en route pour la capitale tanzanienne. Comme prévu nous arrivons à 18 heures ; autant de ponctualité dans une même journée, décidément nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec l’Afrique. Sans trop de difficultés nous trouvons un hôtel, malheureusement sans climatisation ; c’est beaucoup trop cher pour notre budget. Nous passons cette soirée dans la moiteur en attendant de prendre le bateau le lendemain pour Zanzibar…

Laetitia et Stan

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