J+45-52 / Poussières, asphalte et pneus usés…

4h30 du matin, l’heure de quitter Lalibela et de prendre le bus direction Addis Ababa, avec une étape pour dormir à Dessie. Nous arrivons à la gare routière à 5 heures du matin, pensant devoir attendre une bonne demi-heure avant que les autres passagers se présentent mais, malgré la pluie ils sont déjà là installés dans le bus et ont déjà pris possession des bonnes places, il s’en est fallut de peu pour que nous ne soyons pas assis l’un à côté de l’autre. Patiemment nous attendons le départ. Pendant ce temps des enfants montent dans le bus et proposent mouchoirs, soft drink, biscuits, des « prêtres » donnent une bénédiction contre quelques birrs, et des mendiants font la charité. Le moteur démarre, le ticketman commence à récolter l’argent du voyage, vérifie que le bus est complet, ferme les portes et c’est le départ pour la longue course qui va nous emmener jusqu’à Addis Ababa.

Levé de soleil sur des montagnes encore brumeuses, poussière des camions que nous doublons, secousses incessantes sur cette piste plus que défoncée, odeur de vomi de notre voisine, musique éthiopienne volume maximum, et soyez heureux si les enceintes sont en bonne état…C’est le même programme à chaque voyage avec quelques variations, on peut parfois ajouter une ou deux crevaisons, ce qui permet de fumer une cigarette. Très peu d’éthiopiens connaissent le plaisir de l’intoxication pulmonaire, il n’y a donc jamais de pause cigarette lors des voyages en autocar, tout au plus une pause pipi, ce qui ne laisse jamais le temps de se fumer une bonne « Nyala » ; la plus longue pause que vous pouvez avoir, c’est la pause déjeuner qui se situe entre 10h et 12h selon la position du relais routier sur le parcours et elle dure rarement plus de 20 minutes. Voilà pour l’ambiance d’un voyage en bus.

Après ce petit intermède d’information routière, la nuit s’approche il est donc temps pour notre caravane de trouver un endroit pour la nuit. Le bus entre en gare de Dessie, et là c’est la cohue des rabatteurs hôteliers pour ramener du client. Nous finirons avec d’autres éthiopiens dans un hôtel dans une chambre-cellule (une enfilade de chambres pourvues seulement d’un lit, d’une bassine et d’une bouteille d’eau pour la toilette) avec vue sur « gare routière », tout cela pour 20 birrs, parfait.

Le lendemain 5h, nous sommes avec tout le monde en train d’attendre l’ouverture des grilles. Quand elles s’ouvrent nous nous engouffrons tel un torrent dans la gare, chacun rejoint le bus qui l’emmènera vers d’autres horizons. Cinq minutes plus tard nous sommes dans le bus, même scène que la veille, départ 6 heures. Les paysages défilent, enfin de l’asphalte, mais faux espoir l’asphalte est pleine de trous, donc les secousses continuent. Vivement que la période des grands travaux soit terminée, d’ici trois ans peut-être.

Vers 15 heures nous arrivons à Addis Ababa, nous débarquons à Macanania, sans doute la plus grosse station de bus urbains de la ville, une bonne centaine de bus, taxis et d’autocars s’y croisent dans une sorte de chaos que seuls les conducteurs peuvent déchiffrer. A l’écoute du nom de notre destination scandée par les ticketmen à l’affût de clients, nous finissons par trouver notre minibus qui nous emmène jusque chez Nardos, où nous pensons restez un jour ou deux avant de repartir pour Kaffa, dans le sud-ouest. Mais c’était sans compter sur la force de persuasion de Nardos. Nous resterons finalement 5 jours dans ce petit Neuilly Addis Ababien. Nous en profiterons pour affiner notre connaissance de la capitale. Nous prenons contact avec Jean-Paul, un contact français que nous avait donne une amie, qui nous fait découvrir les plaisirs de la vie nocturne d’Addis. On commence soft par un bar-restaurant de musique traditionnelle pour finir dans un bar à la lumière tamisée, avec des chanteuses aux tenues très suggestives…

Nous passerons aussi à la « Coffee and Tea Autority », nous y glanerons quelques informations à propos du café. Nous apprenons qu’il se classe en cinq qualités de 1 a 5, et en Washed et Unwashed. Les meilleurs cafés sont en général les Washed, mais il faut une exception puisque le meilleur café d’Ethiopie est le Harrar, qualité 2 et Unwashed ; en effet, il est récolté avec tellement de soin qu’il ne nécessite pas de lavage ; le deuxième meilleur café d’Ethiopie est le Yarga Cheffe classe 4, Washed. On ne lave que les cafés qui permettent d’avoir une plus-value. Si cela continue nous allons devenir des experts…

Vendredi départ pour Jima, 350 km plus au sud, nous décidons de partir vers midi, pour Walkite ville moyenne sur la route de Jima. Après trois heures de bus sur un asphalte parfait, et un changement à Waliso, nous arrivons. Nous trouvons à nous loger dans un motel, au passage j’apprendrais les règles du billard éthiopien. Un savant mélange entre le snoocker, la pétanque et le bowling. Dès le lendemain matin nous repartons pour Jima. Etant donné les prix du bus, qui ont doublés par rapport à la partie nord du pays nous choisissons l’option autostop. A peine le temps d’arriver à la sortie du village qu’un truck s’arrête et nous embarque pour notre destination finale. Nous surplombons la route, avec une vue à 180 degrés sur les montagnes, Laetitia sur un siège à suspension, le bonheur du voyageur éthiopien ! Nous serpentons pendant une bonne heure, et nous prenons une pause dans une ancienne base datant de l’occupation italienne, le chauffeur se chargera au Tchat pour se remettre de sa cuite au Whisky. Il nous apprend qu’il se rend à la frontière soudanaise pour livrer du matos et que la route peut être dangereuse la nuit, il en profite pour nous montrer son 7.65 made in USSR. Heureusement qu’il nous avait dit avant qu’il est routier pour l’UN et qu’il va livrer du matériel de construction pour un camp de réfugiés… Nous reprenons la route où l’asphalte se dégrade de plus en plus. Le soleil descend lentement et nous ne sommes toujours pas en vue de Jima ; le soleil finit par se coucher, un pneu du camion en profite pour éclater. Nous voilà à changer une roue dans la nuit noire. Pendant que le mécano s’occupe de refroidir l’essieu le chauffeur remonte dans sa cabine et ressort avec son flingue, petit moment d’angoisse quand il le pointe vers moi. Heureusement il le retourne et me dis de faire attention car il est chargé. De voyageur, je suis promu garde du corps… La roue changée, nous repartons ; trois quarts d’heure plus tard nous arrivons enfin. Le chauffeur nous déposera devant l’hôtel principal et refusera tout dédommagement. L’hôtel est plein, nous nous en rendons dans le plus proche qui est plein aussi. Le réceptionniste nous apprend que le lendemain a lieu la remise des diplômes à l’université de Jima et que tous les hôtels de la ville sont complets. Il est 22h30. Deux personnes de l’hôtel partent explorer la ville pour nous, ils reviennent bredouilles. Le frère du patron de retour de Seattle, nous propose de dormir à même le sol dans un des bureaux, nous acceptons sans hésitation. Enfin nous pouvons utiliser nos sacs de couchage !

Laetitia et Stan

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4 réflexions au sujet de « J+45-52 / Poussières, asphalte et pneus usés… »

  1. Anonyme

    Salut cousine, Salut Stanislas,Nous venons de découvrir vos récits, ils sont passionnants et surtout ils donnent envie d’évasion. En attendant, nous allons suivre la suite de vos aventures et nous vous envoyons tous les 4 de gros bisous.Laurence, Philippe, Léa et Yoann

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