J+27-29 / Direction Addis Abeba

De retour d’Harar, nous nous rendons directement à la gare pour prendre nos billets pour Addis Abeba, nous arriverons 10 minutes trop tard, le train est parti avec une heure et demie d’avance ! Assez incroyable, voire complètement improbable, nous avions pensé à du retard mais un train en avance… Nous sommes quittes pour attendre le prochain train dans 2 jours. Le chef de gare nous fera visiter la gare, les entrepôts et les ateliers qui servent à entretenir l’ensemble des wagons et locomotives de la ligne Djibouto-éthiopienne. Une nouvelle fois nous en serons pour nos frais car notre guide nous informera en cours de visite que cela nous en coutera quarante birrs par personne ; ce contre temps nous permettra aussi de rencontrer M. Choumou l’oncle de Mesfin, qui tient un restaurant éthiopien prés de chez nous à Paris et dont nous avions l’adresse.

M. Choumou est le patron d’un bar, où les consommateurs enchainent de grands rhums comme d’autres boivent du café. Il nous raccompagnera à notre hôtel, après nous avoir offert de quoi nous restaurer et nous avoir abreuvés de bières. Nous sommes à point pour un bon roupillon jusqu’au lendemain. Avant de quitter la ville nous nous rendons sur ses hauteurs où se trouve le bidonville de Dire Dawa. Pendant toute notre promenade nous serons accompagnés d’une bande de gamins espiègles et surexcités. Après cette dernière virée sur les hauteurs de la ville, nous récupérons nos sacs à dos et nous mettons en route pour la gare où déjà une bonne centaine de personnes attendent assis sur le parvis de la gare. Les gens sont réunis par petits groupes autour de leurs bagages, entre lesquels circulent des personnes de tous âges vendant eau, beignets, mouchoirs, costards, lampes torches et autres babioles plus ou moins utiles.

Avec trois-quarts d’heure de retard les portes de la gare s’ouvrent et les dockers mettent en ordre tous les voyageurs afin de pouvoir charger les bagages et que l’armée puisse en effectuer la fouille. Une demi-heure plus tard la nuit tombe, nous prenons place dans le train. Notre wagon se trouve être dans une totale obscurité malgré les efforts du personnel ferroviaire pour remettre en route le système électrique. Il est six heures et demi le train se met en branle et nous quittons doucement la ville. La faim ne tardera pas à se faire sentir, nous sortons nos victuailles afin de nous préparer notre repas avec pour unique éclairage quelques rayons de lune ; enfin cela suffit largement pour couper notre pain et le tartiner avec de la « Vache qui rit ». Nous prendrons notre dessert à l’arrêt suivant après l’avoir acheté à l’une des vendeuses qui passent aux fenêtres avec des paniers remplis de nourriture.

Le bruit et le mouvement oscillant du train faisant leur effet, nous nous endormons et serons réveillés par l’arrivée d’un militaire armé d’une kalachnikov escortant un jeune homme menotté. Ils prennent place juste devant, nous nous rendormons et constaterons à notre réveil que nos deux passagers ont disparu. Combien de temps s’est il passé ? Nous ne savons pas, il fait toujours nuit, nous replongeons sans tarder dans un sommeil qui nous emmènera jusqu’au chant du coq. Ouvrant les yeux nous constatons trois nouveaux passagers de première classe, un coq accompagné de ses deux poulettes et qui en plus se permettent de réveiller tout le monde dès l’aube : un scandale ! Vers onze heures nous approchons enfin d’Addis-Abeba après plus de quatorze heures de voyage. Le train s’immobilise enfin.

Nous chargeons nos sacs et plongeons dans cette ville de plus six millions d’habitants. Face à nous Churchill Avenue, une six voies qui monte sur plus de deux kilomètres vers l’Hôtel de Ville. C’est dans cette direction que nous devons nous diriger, non loin se situe le quartier populaire de Piazza où nous devons trouver notre petit hôtel de quartier ! Nous sommes bien en peine à grimper sous le soleil et à respirer l’odeur des pots d’échappements de certains véhicules tellement vieux que le fumet qui s’en dégage donne l’impression de pénétrer dans un nuage d’une noirceur orageuse. A mi-chemin nous lâchons prise et prenons un minibus pour nous emmener au sommet De là nous tournerons pendant quelques minutes avant de trouver notre hôtel dans une petite rue sans nom qui pourrait rappeler le Pigalle des années cinquante. Nous entrons dans une agréable petite cour arborée, nous dirigeons vers la réception où nous attend un homme d’une cinquantaine d’années en train d’astiquer des savates en plastique colorées. Nous le saluons et lui demandons si il lui reste une chambre de libre au prix indiqué dans notre guide, il lève les yeux et nous informe que oui mais que le prix est du double. Nous lui expliquons notre surprise. Il continu à astiquer ses savates en nous regardant de son œil satisfait, nous faisant comprendre que le prix ne bougera pas et que l’on peut toujours aller voir ailleurs pour trouver à se loger. Sans prendre la peine de saluer ce désagréable personnage, nous faisons chemin arrière. Nous n’aurons pas loin à aller puisque un autre hôtel se trouve juste en face, beaucoup moins joli mais qui fera très bien l’affaire. Nous sommes arrivés au Wutma Hôtel. Nous posons nos sacs dans une petite chambre sans confort superflu, d’une propreté des plus relatives, avec une vue donnant sur des toits de taule. Bienvenu à Addis-Abeba, la nouvelle fleur en amharique, langue officielle de l’Ethiopie.

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