J+20-21 / 17 heures pour un retour en l’an 2000

Devant la gare de Djibouti, une masse de gens assis, chargés de bagages et qui attendent comme nous le départ du train. Un docker nous fait des amabilités coloniales (le chemin de fer a été construit par des français début 1900), une chaise pour le français, la dame doit passer devant les autres pour les billets, nous sommes un peu gênés. L’heure de l’embarquement arrive, nous passons évidemment les premiers, puis c’est le tour des secondes classes qui essaient de passer en force car il n’y aura pas de la place pour tout le monde. Nous nous installons donc dans notre wagon de 1ère classe qui n’est pas bondé contrairement aux 2èmes mais dans lequel sont entreposées des marchandises. Nous sommes loin de la 1ère classe SNCF : le confort reste relatif, les vitres restent ouvertes grâce à des cailloux et inutile de décrire les toilettes. Un responsable des Chemins de fer Djibouto-Ethiopiens que nous avions rencontré plus tôt, qui nous avait aidés à acheter nos billets, s’assure que tout va bien et demande à un employé du train de veiller sur nous. 4 heures 15 du matin, incroyable le train quitte lentement la gare. Des gens essaient de monter clandestinement et les employés semblent impuissants à les en empêcher. Seulement 15 minutes de retard, probablement un record… Malheureusement ce sera de courte durée. Nous avons a peine fait 500 mètres que nous nous arrêtons. Nous ne comprenons pas ce qui se passe et attendons. Nous apprendrons plus tard que le train a roulé sur quelqu’un qui s’était endormi sur les voies après avoir trop bu. Il s’agissait d’un jeune garçon, il a eu la jambe sectionnée et n’a malheureusement pas survécu. Cela nous a choqué d’autant qu’il semblerait que ces incidents arrivent souvent. Le train fait marche arrière et reste immobilisé en gare. Le jour a fini par se lever, les moustiques se sont régalés et c’est au tour des mouches d’êtres agaçantes. 7h30, le train s’ébranle enfin avec cette fois-ci 3h30 de retard et des passagers sur le toit. Le train traverse les quartiers pauvres de Djibouti, maisons de tôle au milieu des ordures, en quelques années, la population a doublé, le gouvernement Djiboutien à accueillir les immigrés Somaliens et peut-être éthiopiens. Nous nous recroquevillons sur nos banquettes pour essayer de dormir un peu, il fait déjà chaud et entre deux sommes nous apercevons les paysages désertiques qui nous entourent. A 10h30 nous nous arrêtons dans le dernier village djiboutien avant la frontière éthiopienne. Nos passeports recevront le tampon de sortie du territoire. Nous pensons repartir mais non, rien ne bouge. Il nous faudra attendre 13h30 pour repartir. Nous attendions qu’un train de marchandises arrive en sens inverse, il n’y a qu’une voie et les deux trains ne pouvaient ce croiser que dans cette gare. Nous n’irons pas loin, 500 mètres plus loin c’est l’Ethiopie et une nouvelle pause s’impose. Cette fois tout le monde doit descendre pour le passage à l’immigration éthiopienne. Nous nous arrêtons dans une espèce de salle d’attente où nous dégusterons nos premiers cafés éthiopiens avant d’aller faire tamponner nos passeports. Tout est en règle, nous remontons dans le train en espérant qu’il se remettra en marche bientôt. Malheureusement nous aurons encore une heure à attendre, pour nous les formalités ont été rapides mais pour les autres voyageurs, cela prend plus de temps. Pour tuer le temps, Stan fait une démonstration de Vo-Vietnam à des gamins ravis. Quand le train se remet en route, nous en sommes à 3 heures de marche pour 7 heures d’immobilité ! Nous faisons d’innombrables pauses dans des villages pour charger et décharger passagers et marchandises. Nous n’avons aucune idée de l’heure à laquelle nous sommes sensés arrives. Heureusement nous avons suffisamment d’eau, par contre côté nourriture nous sommes un peu justes. Vers 10 heures, enfin une lueur d’espoir, nous voyons au loin les lumières de ce qui pourrait être une grosse ville. Nous avions vu juste, après une dernière halte, nous entrons enfin en gare de Dire Dawa. Apres une troisième fouille sommaire de nos sacs par les militaires, nous voici enfin dans les rues de la ville. 17 heures de voyage pour faire un peu plus de 300 km ! Mais pour un retour en l’an 2000 c’est peu finalement. En effet, l’Ethiopie suit le calendrier Julien qui a 7 ans de décalage. Le 11 septembre dernier ils ont donc fêté leur millenium et nous, nous venons de rajeunir de 7 ans !

Laetitia et Stan

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