J+17 / Djibouti, un port trop loin !

Il est midi, il fait très chaud et nous voilà avec nos deux motards sur le port pour savoir quand part le prochain bateau pour Djibouti. Pourvu que ce ne soit pas dans 10 jours ! Nous avons de la chance, un bateau part ce soir. Il y a un bateau tous les 3 jours et heureusement nous n’aurons pas à passer plusieurs jours ici parce qu’il y a comment dire, absolument rien à faire. Tellement rien que nous nous demandons comment nous occuper jusqu’au soir. La priorité, trouver de l’eau et de l’ombre. Nous traversons la ville qui est balayée par un vent brûlant et poussiéreux et trouvons le seul endroit ombragé et abrité du vent et de la poussière. Une famille a eu la même idée que nous. Nous entamons la discussion et apprenons qu’ils sont djiboutiens et qu’eux aussi attendent le bateau du soir.Nous passerons l’après-midi à discuter avec l’homme que nous avons baptisé papa qui est prof d’anglais. A 18h, arrive enfin la rupture du jeûne, pour eux et pour nous qui n’avons pas pu manger et qui avons peu bu de la journée en raison de leur présence et ils nous invitent à partager leur repas. Il est l’heure pour Stan d’aller à l’immigration, sur le port pour obtenir notre visa de sortie du territoire yéménite. Ça va lui prendre 2 bonnes heures, une parce que le bureau sensé ouvrir à 19h n’ouvrira qu’à 20h et une le temps que les employés décident qu’ils avaient mâché assez de qat et qu’ils serait peut-être temps de s’y mettre. Nous nous retrouvons enfin devant le bateau, une boutre en bois déjà bien chargée à l’avant. Nous apprenons qu’au lieu des 25 passagers habituels nous serons une bonne centaine ! Nous en sommes à nous demander comment autant de personnes peuvent tenir sur cette boutre lorsque les passagers et surtout les passagères arrivent. Il s’agit de commerçantes djiboutiennes qui viennent acheter des marchandises diverses et variées, allant de tissus aux meubles en passant par les antennes satellites, au Yemen pour les revendre à Djibouti. Elles arrivent dans des pick-up et le chargement de la boutre peut commencer. Nous contemplons amusés le spectacle de toute cette agitation. Les pick-up s’enchaînent, nous nous disons que c’est le dernier et que de toute façon la boutre est déjà pleine à craquer mais non, ça continue comme ça jusqu’à une heure du matin ! Avant le départ, enfin, tout le monde est sur le quai. L’immigration appelle les passagers, passeport en main, un à un. Nous avons le privilège d’être les premiers à monter à bord. Il faut dire que même avec nos gros sacs à dos, nous sommes ceux qui voyagent le plus léger… Arrive ensuite un flot d’hommes et de femmes encore chargés d’au moins quatre sacs chacun. Les femmes doivent s’installer en bas et les hommes en haut. Je suis ravie. Le bas se remplie à une vitesse hallucinante et je me demande comment tout le monde va pouvoir s’asseoir, et je ne parle même pas de s’allonger pour dormir. Pourtant c’est bien ce qu’il va falloir qu’on fasse, il est bientôt deux heures du matin et la traversée doit durée entre 12 et 18 heures. Je me décide à rejoindre Stan en haut avec les hommes, je suis une européenne, ils devraient m’accepter. Sur le pont supérieur, il y a beaucoup moins de monde, beaucoup moins de paquets, les hommes sont déjà installés pour dormir et personne ne s’offusque de ma présence. Tant mieux, au moins ici il y a de la place et surtout de l’air. Nous nous installons donc pour la « nuit ». Nous serons réveillés deux heures plus tard pour une petite collation, des sandwichs aux haricots rouges, enfin, dans le noir ça y ressemblait. La grasse mat ce sera pour un autre jour, nous sommes réveillés tôt par le soleil qui tape déjà. Des hommes prient sur le pont, au moins eux ils ont trouvé quelque chose pour s’occuper. A ce moment là de la traversée nous pensons débarquer à Djibouti vers 14h, nous admirons le paysage et attendant que le temps passe. Les gens sont installés un peu partout, à l’avant sur les chargements, en bas, en haut, sur les cuves à eau, ils dorment, pour la plupart. Mais ça cogne. Heureusement, les hommes d’équipage installent de grandes bâches pour nous protéger du soleil. C’est tout ce qu’il nous fallait et ça tombe bien, je me rend compte que j’ai les traces du bronzage islamique, celle du foulard sur le front, très chic !Toujours pas de terre en vue. Nous apprenons que le bateau avance très lentement en raison du nombre de passagers et surtout du chargement et que l’arrivée n’est pas prévue avant 19h. Génial. Vers 15h on apporte à manger pour les rares personnes qui ne suivent pas le ramadan, ça fait du bien. Nous essayons de tuer le temps en jouant aux dés ou en lisant. A 18h c’est la fin du jeûne et ça met un peu d’animation. Nous arriverons finalement au port à 20h et il faudra au moins une heure pour que nous descendions du bateau, les premiers heureusement. Après les formalités administratives, vérification du visa et tampon d’arrivée sur le territoire, nous voilà sacs aux dos en route pour la ville. Un petit bus nous déposera devant un hôtel qu’on nous avait conseillé et même si finalement il n’est pas génial, c’est vrai que vu l’heure et notre état de fatigue, nous ne cherchons pas plus loin. Un petit tour en ville pour échanger nos derniers rials yéménites contre des francs djiboutiens, dans la rue avec les djiboutiennes qui décidément gèrent tous les business, et pour manger assis à une table pour changer et nous aurons mérité une vraie nuit de sommeil.

Laetitia et Stan

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