J+10-13 / En route vers la Mer Rouge

Il est 15h30, nous sommes à Djibouti, 35° et enfin l’électricité revient dans le ville après deux heures de coupure. Nous pouvons enfin nous connecter pour vous donner quelques nouvelles de notre périple qui nous a emmené jusqu’ici. Quand nous vous avions quitté nous étions encore à Sana’a et voici le récit de ces derniers jours.

Brigitte nous propose une ballade dans la ville avant de nous emmener à la station de taxi collectifs d’où nous pourrons partir pour Djibla. Nous voilà dans un petit marché de quartier, fruits et légumes dans une ruelle bondée, poissons et viandes dans une petite halle fort odorante avec des commerçants qui veulent tous être pris en photo, plus loin le marché à la volaille là l’odeur est encore un peu plus marquée ce qui nous rappelle les vacances à la ferme. Nous remontons dans le 4×4, un petit tour rapide dans une échoppe qui sent bon les épices, nous achetons quelques victuailles et surtout un sachet d’échantillons de café. Quelques minutes plus tard le chauffeur de Brigitte nous dépose à Bab El Yemen où nous prenons le taxi pour Djibla au sud de Sana’a. Nous arrivons à Ibb, une ville à quelques kilomètres de Djibla, deux heures et quelques frayeurs plus tard ; étant donné le style de conduite de notre chauffeur nous y sommes arrivés plus tôt que prévu. Ibb est une ville qui ne donne pas spécialement envie d’y rester, embouteillages, klaxons et pollution sont les souvenirs les plus marquants que nous pourrons en garder. De taxi, en bus et minibus nous arrivons enfin à Djibla, ville de la reine Arwa qui en fît la capitale de son royaume au XIème siècle. Nous visitons ce village de montagne aux pentes escarpées, à noter un cimetière dominant la ville, traversé par un aqueduc construit par la reine ; une mosquée à deux minarets qui renferme le tombeau de la très vénérable reine Arwa morte à l’âge encore plus respectable de 93 ans, sans doute dans l’une des 365 chambres que contenait son palais aujourd’hui en ruine.
Après deux nuits nous prenons la route direction Zebid, troisième ville sainte de l’Islam après Médine et la Mecque. Nous prenons place dans un taxi, attendons qu’il se remplisse et en route vers une ville étape où nous changerons de taxi. Au fur et à mesure que nous approchons de notre objectif qui se situe près de la Mer Rouge, et beaucoup plus près du niveau de la mer que nous n’avons jamais été, la température monte petit à petit, le paysage devient de plus en plus plat et désertique. Vers 17 heures nous arrivons enfin, sortons du taxi, mettons nos sacs à dos et nous dirigeons vers le coeur de la ville. A peine quelques minutes de marche et nous sommes déjà en nage. Nous errons désespérément dans le dédale de cette petite ville en espérant trouver notre hébergement mais personne ne nous comprend. Laetitia échappe à la piqûre de scolopendre. Enfin nous rencontrons quelqu’un qui parle anglais, et nous lui faisons comprendre que nous aimerions dormir dans la Médina, il nous montre un premier lieu, mais les femmes et les hommes ne peuvent pas partager la même pièce ; l’homme nous guide vers une autre demeure qui sera la bonne. Nous dormirons donc chez Hamed, dans une demeure qui n’est absolument pas un hôtel, mais plutôt un fumoir et un lieu où les hommes viennent qater le soir venu avec une superbe vue une des mosquées. La maison est magnifique et est même en photographie dans un livre écrit par un français montrant les constructions notables de la ville qui est classée patrimoine de l’humanité par l’Unesco. Le souk donne une impression de voyage dans le temps, comme un retour quelques siècles en arrière, des ruelles en terre où de petites boutiques s’ouvrent petit à petit après la rupture du jeûne. Nous nous arrêtons dans l’une d’elle pour prendre un thé avant de nous perdre à nouveau dans cette ville aux 86 mosquées, heureusement qu’Hamed nous avait donné l’adresse de sa maison sur un petit bout de papier, car aucune des fois où nous sommes sortis nous n’avons réussit à retrouver notre chemin sans avoir à le demander aux habitants. Je fais pour Hamed mon premier portrait d’homme politique et pas n’importe lequel, Saddam Hussein. Comme tout yémenite qui se respecte il porte cet homme dans son cœur, il a même été combattre dans son armée. Son salon est orné de plusieurs dizaines de portrait du président yemenite et de l’ancien Rais d’Irak. Nous achevons notre séjour à Zebid par une visite de la citadelle construite par les Ottomans pendant leur occupation du pays à partir du XVème siècle. A noter que cette période fût l’âge d’or du café pour le Yemen et notamment pour le port de Moka.

Laetitia et Stan

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Une réflexion au sujet de « J+10-13 / En route vers la Mer Rouge »

  1. dernier couché...

    « S’il te plaît Monsieur, dessine-moi un Saddam ». Ou du relativisme culturel appliqué u monde et aux figures du temps. Bourreau ici héros là-bas comme dirait l’autre. O tempora etc.. Bon ben Stan : tu vas bientôt parler un pur anglais pas Wall Street pout un rial (en attendant les drachmes, kopecs ou szlotis syldaves) ! Et Laetitia, s’il te plaît : quoiqu’il arrive empêche le à tout prix de portraitiser Sarkozy ! O tempora machin d’accord mais quand-même faut pas déconner. Je vous embrasse. Seb.

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